vendredi 9 novembre 2018

Les rites funéraires dans la francophonie canadienne


 

 
Du 17 au 18 octobre, j’ai participé à un colloque tenu à l’université Laval (Québec) sur le thème « Les rites funéraires catholiques dans la francophonie canadienne ». Je me permets de vous en faire un rapide compte rendu.
 
 



Organisé par l'Office national de liturgie, en collaboration avec la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval, le colloque a réuni di-férentes personnes concernées d’une manière ou d’une autre par la question des rites funéraires : théologiens, prêtres, évêques, diacres, chercheurs, anthropologues et sociologues, laïcs engagés dans la pastorale des funérailles, responsables de liturgie, responsables des entreprises funéraires et des cimetières, etc.
 

Depuis quelques décennies, les rites funéraires ont pris diverses formes. Parmi les changements les plus visibles, il y a : l’éclatement des rites funéraires traditionnels, les demandes des célébrations plus personnalisées, la préférence pour la crémation, l’abandon des églises par des familles qui ont perdu contact avec l’institution, les demandes des seuls rites au salon funéraire ou au cimetière, les demandes de plus en plus croissantes de rites laïques, etc. Les funérailles chrétiennes ont subi des mutations profondes : diminution notable des célébrations (avec messe ou autour de la Parole) à l’église au bénéfice d’autres types de célébrations funéraires qui tiennent lieu du dernier adieu. De ce colloque, je retiens tout d’abord que l’Église ne peut pas être indifférente à la mort et aux familles éprouvées par la mort, car elle est appelée à témoigner de l’espérance qui la fait vivre. J’ai retenu également que la pastorale des funérailles ne doit plus être prise à la légère dans nos communautés chrétiennes.
 
 

Aussi, il m’est apparu évident, durant ce colloque, que nous ne pouvons plus continuer à traiter les maisons funéraires uniquement comme des concurrents. Ils doivent être perçus comme des partenaires. Pour ce faire, il convient d’établir un réel dialogue avec elles. Par ailleurs, l’accueil pastoral des familles endeuillées doit tenir compte du fait que la mort d’un être cher est un événement qui provoque un choc important chez les proches. De façon générale, les familles endeuillées connaissent la fragilité. Dans ce contexte, le dialogue pastoral approprié est celui qui écoute, discerne et propose sans imposer.
 
Je suis heureux d’avoir participé à ce colloque où j’ai appris énormément de choses.
 
Rodain Kasuba

 
Curé de la paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive et vicaire général pour l'Archidiocèse de Gatineau
 
 
Il n’est pas le Dieu des morts,

mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui.
(Luc 20, 38)

 



(Photo: cimetière Notre-Dame, Les Jardins du Souvenir)

 



 
 

 
 


 



 





 



 


 

 
 
 

 
 

mardi 11 septembre 2018

Points de convergences (2e partie)


Me revoici pour faire suite à la réflexion sur les points de convergence dans l’histoire de la paroisse Jean XXIII.

 

Quand André Préseault a fait l’achat de la taverne sur St-René pour en faire une église : ce fut tout un tournant missionnaire. Désormais, on ne répondrait plus aux soifs terrestres, mais aux soifs spirituelles. Quand on a fait le choix d’un nom pour cette nouvelle église, c’est Jean XX111 qui a été retenu; on ne peut porter ce nom sans marquer une communauté de valeurs, de visions, d’orientations en lien avec le fondateur. Quand on a donné une devise à cette communauté : une communauté se dirigeant vers de nouveaux horizons, c’était aussi s’engager à faire du neuf, à inventer notre histoire, à risquer des avenues nouvelles.
 
Les trois premiers prêtres (ceux qui sont restés plus longtemps) ont aussi marqué la vie de cette communauté et les trois avaient la même philosophie. André Préseault a été celui de la naissance et de l’enfance de cette communauté dans ce nouveau lieu de culte;  Jean SansCartier celui de l’adolescence, de  la croissance, de l’expansion de cette paroisse; celui qui a donné un élan incroyable dans tous les secteurs d’activités paroissiales, qui a rassemblé des gens pour un premier projet pastoral sorti en juin 2001 donnant la mission, les valeurs, la situation de cette époque, l’identification des forces et des faiblesses et des recommandations pour l’avenir.
Un deuxième projet pastoral sorti en juin 2005, au moment où j’étais coordonnatrice, a rassemblé 25 laïcs pour réfléchir aux grands enjeux afin d’assurer la vie présente et future de cette paroisse. Tout un tournant missionnaire encore : définir la mission implique que tous les intervenants dans ce milieu (prêtres, agents-tes de pastorale et bénévoles collaborent ensemble dans le sens de cette mission et de ces valeurs.
 
Jacques Cantin est le prêtre de l’âge adulte de cette communauté, prêtre de la continuité, de l’ouverture, du respect de tout ce qui s’est vécu, de la pratique de tout ce qui s’est écrit. Et nous voici mûrs pour un troisième projet pastoral qu’on pourrait aussi nommer « projet synodal ». Les enjeux sont encore pertinents, mais comment les réaliser dans le contexte actuel? Quelles pistes nouvelles devront nous prendre? Et qui pourra assurer la continuité dans 5 ans, dans 10 ans? Nous nous questionnerons, en même temps que le diocèse nous invite aussi à nous questionner sur l’avenir de notre Église, sur les tournants missionnaires à prendre.


C’est emballant! Une autre page blanche à écrire!
 

 
Hélène Robitaille

Agente de pastorale à la paroisse Jean XXIII
 

Ordinateur Portable Écrit Page Blanche Déb
 


mercredi 29 août 2018

Témoigner de Dieu aujourd'hui: pour un nouvel élan missionnaire


 
Voilà le titre d’un livre récent de Michel Proulx dont j’ai eu la chance de lire avec un petit groupe de partage. À l’invitation du diocèse, nous nous sommes rencontrés à cinq ou six reprises pour partager nos réflexions sur chacun des neuf chapitres du livre. La question pour lancer nos échanges était très simple. En fait, comment l’auteur nous avait marqués par son texte et comment nous étions rejoints dans notre propre pèlerinage de foi pour témoigner de Dieu dans nos vies.
L’expérience était très enrichissante et même remplie de rire et de joie. C’est en se racontant l’un à l’autre que nous découvrions, au rythme de nos rencontres, que nous avions déjà, chacun et chacune, un parcours de témoin. Notre témoignage était parfois plus discret, d’autres fois plus audacieux, mais il y avait toujours une petite flamme qui était là selon les saisons de notre vie chrétienne.
 
À partir des références bibliques que le père Proulx propose dans son livre, nous avons pris davantage conscience que la question du témoignage n’était pas nouvelle et propre à notre époque. Comme pour les premiers témoins, la fréquentation continue de la Parole est la source première du témoignage. L’auteur nous rappelle également que nous devons être modestes et humbles devant parfois les modestes résultats. Après tout, la vie pastorale de notre Église ne se résume pas à des statistiques et des résultats toujours à la hausse comme un indice boursier.
Un des chapitres que j’ai le plus apprécié, c’est le chapitre deux où il est question de la manière dont Jésus s’y prenait pour témoigner. Dans ce chapitre, on redécouvre les attitudes profondes de Jésus dans son contact avec les personnes rencontrées sur sa route et celles qui venaient vers lui. En relisant le chapitre quatre de l’évangile de Jean, le père Proulx dégage quelques conditions pour l’annonce de la Parole, à la manière du Christ : parler un langage actuel, susciter le désir chez la personne rencontrée, accepter d’être patient pour laisser à l’autre le temps de cheminer, offrir une parole qui met en route, favoriser la pastorale du témoignage et la pastorale du questionnement, enfin favoriser une expérience personnelle de la Parole.
Merci au diocèse d’avoir initié ce petit groupe de partage, spécialement à Julie Cool qui l’a animé. C’est une approche stimulante et simple à la fois pour susciter le témoignage et un ressourcement à la Parole. 
René Laprise, d.p.
Paroisse Notre-Dame de l’Eau Vive
 
 
 

 
 




vendredi 25 mai 2018

Points de convergence

Il y a 25 ans cette année que je travaille à la paroisse Jean XXIII et on m’a demandé si j’accepterais d’écrire un article sur le blogue diocésain soit réflexif, formatif ou informatif. Curieusement, la même semaine, je songe qu’il faudrait écrire sur le suivi que nous avons donné à notre projet pastoral paroissial de 2005.


 Et je comprends qu’il y a peut-être là un signe, un point de convergence à identifier : certainement un temps pour jeter un regard sur les 10 dernières années de notre histoire paroissiale et d’écrire ce qui ne s’est pas encore écrit afin de préparer l’avenir. Déjà beaucoup de choses ont changé et beaucoup d’autres changeront.


J’écoute souvent une émission sur Explora qui s’appelle Points de repères. Au début de cette émission, on parle des points de convergence qui ont fait que l’histoire de l’humanité à tel ou tel autre moment donné a basculé d’un côté ou d’un autre. Je trouve cela particulièrement intéressant et ajustable pour nos histoires de vie personnelle, pastorale, paroissiale, diocésaine ou autre.


Qu’est-ce que ce point de convergence? C’est ce moment où, à cause de plusieurs facteurs, une décision se prend, un choix se fait et il y a un avant et un après. Par exemple : le moment décisif où deux êtres se choisissent et décident de se marier. Il y a un avant et un après. Le moment où un enfant naît, le moment où une décision de rupture se prend; le moment où une maladie grave se déclare, etc. Il y a donc plusieurs points de convergence dans chaque vie humaine. Certains plus marquants que d’autres. Je vous laisse les découvrir et les partager avec d’autres.




  Ma prochaine réflexion sera de discerner les points de convergence dans l’histoire de la paroisse Jean XXIII et ceux qui pourraient avoir été des tournants missionnaires. En relisant le document sur le tournant missionnaire, j’y verrai sûrement des liens à faire, et de nouvelles façons de faire Église ensemble. Et j’espère aussi vous donner le goût de découvrir ces points de convergence et peut-être de tournants missionnaires dans vos propres histoires paroissiales ou même personnelles.
 



Hélène Robitaille
Paroisse  Jean XXIII
 

 

mercredi 9 mai 2018

Prendre la route?


Ce dimanche, nous célébrons la fête de l’Ascension. Après sa résurrection, Jésus ressuscité a passé quelques jours avec ses disciples. Assez de temps pour qu’ils le reconnaissent comme le Vivant, le Fils bien-aimé du Père. Ce temps passé avec le Maître leur fait non seulement oublier la détresse que sa mort a causée en eux mais, devenir ceux qui iront par les routes témoigner de la Parole qui s’est faite chair.

L’Ascension, c’est le début de la mission de l’Église. Faire connaître connaitre l’amour du Père pour l’humanité et reconnaitre Jésus Christ comme notre Sauveur. Il est entré dans la gloire et l’amour de Dieu. Il est auprès de Dieu. C’est un commencement et non pas une fin. Ses disciples poursuivront la mission et feront à leur tour des disciples. Ce ne sera pas facile. Jésus a été crucifié parce qu’il dérangeait les gens bien installés dans leur routine et leur confort. Jésus n’a pas de rutine, il veut partager cet amour sans limites que Dieu a pour son peuple. C'est tout
 
 
 
 
Le feu qui habitait ses disciples leur donna l’audace d’aller évangéliser. Ce qu’ils avaient entendu, vécu, compris, ils ne pouvaient le garder pour eux-mêmes. La route fut longue, difficile, pleine de dangers et pourtant, les fruits furent abondants. Des personnes furent touchées par ces témoins qui parlaient d’un Dieu aimant ses enfants et d’un Fils qui avait donné sa vie pour que cette Bonne Nouvelle puisse se répandre par toute la terre.  La présence du Christ dans le monde s’enracine à chaque pas accompli par les disciples, ceux et celles qui les suivent.

Aujourd’hui, la mission est toujours ce qui doit nous pousser comme chrétiens. Nous devons, comme les disciples, arrêter de regarder vers le ciel, arrêter de demeurer dans le confort de notre foi personnelle, dans le cocon de notre communauté où il fait si bon. Car le Christ est monté au ciel, dans l’amour et la gloire du Père. Sa mission est la nôtre. Nous avons à parcourir les routes du monde à notre façon, nous avons à témoigner de cet Amour qui nous fait vivre. Des témoins heureux, joyeux et accueillants.  

                                                                          Alors, on prend la route?
 
                                                                                                                      Suzie Arsenault

lundi 23 avril 2018

Qu'est-ce qu'un comité de liturgie? Quelle est sa mission?

NDLR:Voici la deuxième partie du texte de Rodhain Kasuba Malu sur le comité de liturgie. C'est un texte à partager librement avec les membres de vos comité de liturgie.

 
6. Comment préparer une célébration ?

Un comité de liturgie responsable de la préparation des célébrations dominicales doit penser à divers éléments. Il doit notamment préciser ce que l’Église nous fait célébrer dans la liturgie du dimanche, et penser à la vie de la communauté qui est le sujet de la célébration. Ensuite, il doit organiser la célébration, en pensant aux moyens et aux personnes pour réaliser cette liturgie, afin que la communauté en soit nourrie.

Pour préparer une célébration et pour la rendre vivante et participative, je suggère la démarche suivante en deux temps :

Premier moment (ce moment peut se vivre à la maison, avant la rencontre)
            Chaque membre est invité à :

·       Regarder les données rituelles. Que célèbre-t-on c e jour- là ? S’agit-il d’un dimanche ordinaire ou d’une solennité ? Quel est le mystère célébré en ce dimanche ? Y a-t-il un événement relié à ce dimanche ?

·       Données bibliques. Avant de se précipiter sur des gestuels ou visuels à faire, il importe avant tout d’écouter la Parole de Dieu. Que dit la Parole ? Que nous dit-elle ? Quel est le thème général du dimanche qui se dégage à partir de la Parole ? Il est donc important que les membres du comité aient lu et médité au préalable les textes de la Parole. Habituellement la lecture de la Parole offre une idée sur le thème du dimanche.

·       Regarder les données pastorales : qui présidera la célébration ? Quels acteurs liturgiques interviendront (adultes, jeunes, enfants) ?  De quels moyens techniques disposons-nous pour traduite le thème et lui donner un corps dans la célébration ?

 

Deuxième moment (ce moment se vit en équipe)

Chaque membre est invité à apporter sa contribution pour chercher :   

·       Comment traduire la Parole et le thème durant la célébration pour que l’assemblée reparte avec un message de vie.  Sur quoi met-on l’accent : la Parole (mettre en relief l’homélie) ? Le chant ? un gestuel ? Un visuel ? Une prière ? Un témoignage ? De l’échange sur la Parole et à partir d’elle va se dégager un axe autour duquel sera bâti la structure de la célébration (en tenant compte évidemment du schéma du missel).  Cette étape permet de découvrir à quel point la Parole est source de grande fécondité et à quel point elle vient souvent éclairer notre existence. Aussi, cette étape peut-elle aboutir à l’expression d’un thème dans un symbole, un gestuel ou un visuel. Puisque la liturgie est étymologiquement une action, elle ne requiert pas des compétences intellectuelles extraordinaires. En revanche, elle a besoin d’une écoute attentive, d’un regard qui sait scruter la Parole et la vie. De toute évidence, le comité de liturgie n’invente pas la liturgie, il lui donne toutes les chances de se déployer de manière vivante, significative et féconde pour l’assemblée.  Pour cela, il lui faut être attentif à l’espace, au rythme, au temps et à l’unité de la liturgie.

·       L’une des tâches importantes du comité de liturgie consiste à accorder de l’importance aussi bien à la préparation qu’à l’évaluation des célébrations.  Ce travail d’appréciation laisse de la place pour des améliorations et des ajustements.

  
7.    Outils et instruments au service de la préparation liturgique.

Nous disposons de plusieurs outils de qualité pour préparer les célébrations liturgiques. Au nombre des outils de base et indispensables à la préparation liturgique, figurent le missel et le lectionnaire dominical, vulgarisés ici par le Prions en Église. Le missel et le lectionnaire demeurent une source essentielle en formation et informations liturgiques. D’autres outils sont d’ordre didactiques : ce sont des revues spécialisées (écrites ou en ligne), dont le rôle est précieux : elles permettent de gagner du temps et d’acquérir des informations supplémentaires. Ce sont souvent des travaux de qualité faits par des spécialistes. Cependant, étant donné qu’il n’existe pas de prêt-à-porter en liturgie, on ne devrait jamais se servir littéralement de ces outils. Il importe de toujours ajuster leur contenu à la vie et aux préoccupations de la communauté locale.
 
Rodhain Kasuba Malu
 
 
 

 

mardi 17 avril 2018

Lectures faites, lectures partagées

L'abbé Rodhain Kasuba nous partage ses impressions de quelques livres qu'il a lus récemment. Ça donne le goût de l'imiter.

-Jacques Lison, Le bon Dieu permet-il vraiment le mal ? (2018). 


Dans ce petit livre de 32 pages, Jacques Lison prend à bras le corps la question de la relation entre Dieu et le mal, et il la met à la portée de tous. Lire ce livre c’est arpenter avec l’auteur ce massif, que représente le mal, avec ses tracés sinueux, ses détours, ses contours et ses sommets. C’est au final offrir au regard une nouvelle perspective. L’auteur le fait avec rigueur, passion et érudition. Débusquant les pièges auxquels aboutissent certaines justifications de la bonté de Dieu en dépit du mal qui existe dans le monde, il interroge la parabole de Job et nous invite à devenir partenaires de Dieu dans la lutte contre les sources du mal. 


- Pape François, L’exhortation apostolique Soyez dans la joie et l’allégresse. 


Au début du ministère du pape François, un prêtre jésuite américain, le père Ryan Duns, le qualifiait de « jazzman ». Il établissait par là un lien entre le style de la musique jazz et le style pastoral de l’évêque de Rome. Il écrivait alors : « Le pape François est davantage un musicien de jazz, à même de se caler dans la rythmique profonde de la musique qui l'entoure et de jouer avec, l'adapter et la transformer. Ses mots ne colonisent pas la musique autour de lui, ne l'éclaboussent pas, mais l'envoient dans une nouvelle tonalité – celle du Christ – et nous rappelle à tous que le Christ est la véritable clé à la musique de notre vie. » Force est de constater que ce rapprochement n’est pas dénué de sens. Au fil des années, dans ses gestes, dans ses paroles et dans ses écrits, le pape François n’en finit pas de nous surprendre. Sa dernière exhortation apostolique en est un exemple. Tout comme dans La Joie de l’Évangile (2013) et dans La joie de l’amour (2016), dans la dernière exhortation apostolique Soyez dans la joie et l’allégresse (2018), le pape nous rappelle le lien très intime entre la vie chrétienne et la joie. La joie est résolument l’un des marqueurs de son ministère pastoral. L’exhortation porte en fait sur la sainteté. Une lecture sommaire de celle-ci laisse croire que le pape François nous en donne une vision volontariste. Pourtant, le saint Père réussit à mettre ensemble la grâce et la part humaine. Ce vibrant appel à la sainteté, rédigé comme un Cours 101 autour de cinq méditations, est traversé par le souffle palpable des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Aussi, voit-on se dévoiler en filigrane un précieux témoignage du récit de sa propre vie de foi et de sa quête intérieure. Le pape s’adresse à nous dans une familiarité très affectueuse. Sans prétendre écrire un traité sur la sainteté, il nous partage l’idée qu’il se fait de celle-ci, comme les moyens d’y arriver : ces derniers sont accessibles à tous et toutes. À peine sortie, cette exhortation croise malheureusement déjà la route des traditionnels détracteurs du pape qui, à l’instar des scribes et pharisiens, guettent à la loupe ses moindres dires et gestes. En cause cette fois-ci, le rappel insistant du pape que l’accueil des migrants n’est pas secondaire par rapport aux questions bioéthiques. En cela, oui, le pape dérange. 


-Yves Duteil, Et si la clé était ailleurs (2017). 


Qui, après avoir lu La petite musique du silence (2013), n’a pas éprouvé une sorte de ravissement intérieur? Yves Duteil nous revient avec un nouveau livre. L'auteur-compositeur-interprète français, connu surtout dans Prendre un enfant par la main, se confie comme sans doute il ne l'a jamais fait. Page après page, on chemine en compagnie de l’artiste dans sa recherche spirituelle. Ses mots murmurent sa vie, crie sa passion d’artisan de la chanson. Ils évoquent son regard sur la vie et ses mystères, disent ses sentiers de spiritualité, traduisent sa quête de sens, sans occulter ses interrogations. 


-Joseph Ratzinger, Foi et Avenir (1971). 


Refuser de lire ce livre au motif que sa date de parution est lointaine ou à cause du nom « Ratzinger », c’est passer à côté d’une pépite. J’ai failli m’y méprendre, n’eût été l’insistance d’un ami m’invitant à m’y plonger. Le regard que le théologien Ratzinger posait sur l’Église est d’une rare actualité. Avec une lucidité affinée, l’auteur aborde la question de l’avenir de l’Église dans une société et à une époque qui se trouvaient être à ce moment-là en pleine mutation culturelle et sociale. Je vous laisse apprécier la justesse de son regard sur l’Église dans ces quelques extraits : « De la crise d’aujourd’hui, écrit-il, émergera une Église qui aura perdu beaucoup. Elle deviendra petite et devra repartir plus ou moins des débuts. Elle ne sera plus en mesure d’habiter la plupart des édifices qu’elle avait construits au temps de sa prospérité. Et étant donné que le nombre de ses fidèles diminuera, elle perdra aussi une grande partie des privilèges sociaux (…). Elle resurgira par les petits groupes, les mouvements et une minorité (…). Ce sera une Église plus spirituelle, qui ne s’arrogera pas un mandat politique flirtant de-ci avec la gauche et de-là avec la droite (...). En fait, le processus de la cristallisation et de la clarification la rendra pauvre, la fera devenir une Église des petits, le processus sera long et pénible (…), mais après l’épreuve de ses divisions, d’une église intériorisée et simplifiée sortira une grande force. » Un livre à lire… (On peut le trouver à la bibliothèque de l’université d’Ottawa). 

Qu'est-ce qu'un comité de liturgie? Quelle est sa mission?

NDLR: Voici la première partie d'un texte de Rodhain Kasuba Malu, curé à la paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive, sur le comité de liturgie. Il a accepté l'invitation du Comité de liturgie diocésain de le  partager avec toutes les personnes qui s'intéressent à la liturgie. Bonne lecture!


1.    Comité ou équipe liturgique ?

Dans le mot comité (du latin comittere : commettre) l’accent porte sur le fait de «mettre ensemble» (selon le dictionnaire, un comité est un groupe restreint de personnes à qui est confié la charge d’une mission, d’une question particulière). Alors que le mot  comité met l’accent sur la collaboration, l’équipe (étymologie, du vieux français= attachement en vue d’un but) souligne davantage la visée ou le but commun, la réalisation collective (selon le dictionnaire, une équipe est un groupe de personne ayant le même but ou devant accomplir ensemble un travail).Comité ou équipe de liturgie, selon l’accent porte sur une collaboration ou sur la réalisation commune, revient à signifier le groupe de baptisés travaillant à une même tâche ou unissant leurs efforts dans le même dessein : veiller à la préparation et à la réalisation des célébrations liturgiques dans la communauté chrétienne.  Un comité de liturgie peut également avoir comme mission de donner des orientations liturgiques utiles à la vie d’une communauté (une paroisse, un diocèse, une région, un pays, etc.)

 
2.     Sa nature

            La nature d’un comité de liturgie varie selon la situation des communautés (diocèse, paroisse ou succursale…) et souvent selon les ressources humaines disponibles. Dans une communauté disposant de ressources humaines suffisantes et variées, l’équipe ou le comité de liturgie sera constitué des personnes venant de différents secteurs liturgiques et pastoraux de la communauté (animateurs,  animatrices, lecteurs, lectrices, musiciens,       musiciennes, responsable des chants, agents et agentes de pastorales, théologiens, biblistes, liturgistes,…) et se réunira de façon régulière, tandis que dans des communautés n’ayant pas de ressources humaines suffisantes, le comité regroupera essentiellement quelques personnes de bonne volonté, essentiellement des agents de liturgie, qui se rencontrent de manière régulière ou au gré des besoins. La nature d’un comité liturgique varie donc selon les conditions et les situations des communautés.  Peu importe la nature d’un comité, ce qui importe c’est l’esprit dans lequel les membres travaillent, le désir de collaborer pour la mission, le souci de rendre les célébrations vivantes et participatives, la capacité d’être à l’écoute de la communauté.

 
3.    Pourquoi un comité de liturgie ?

L’importance d’un comité de liturgie tient à la place même de la liturgie dans la vie de l’Église. Selon le concile Vatican II, la liturgie chrétienne, particulièrement la liturgie eucharistique, est le lieu de la réalisation de l’œuvre du salut continuée par l’Église : «Le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans la célébration eucharistique» (SC 7), Il n’est donc pas étonnant de constater que dans un bon nombre de communautés (paroissiales ou diocésaines), le comité de liturgie est né avant le formation du comité de pastorale. Même souvent il y a des paroisses qui n’ont pas de comité de pastorale, alors qu’elles ont un comité de liturgie.

 
4.    Sa mission

Le comité de liturgie travaille, en lien avec l’équipe pastorale, à la préparation et à la réalisation des célébrations liturgiques dans la communauté chrétienne. Ils s’occupent plus particulièrement de la célébration liturgique dominicale (l’eucharistie ou, dans certains, cas la liturgie de la parole). S’il est vrai que dans certaines communautés, le comité de liturgie consacre plus de temps et de soin à la préparation et à la célébration des temps forts liturgiques de l’année (Avent et Noël, Carême et Pâques), il n’en demeure pas moins que sa mission couvre la célébration du mystère chrétien conformément au calendrier liturgique annuel. Selon le degré d’implication, les membres d’un comité de liturgie peuvent aussi préparer les célébrations liturgiques sacramentelles. La mission d’un comité de liturgie peut consister également à fournir des orientations sur la vie liturgique de la communauté : préparation et organisation des célébrations, organisations des services, méditation de la Parole, regard sur les différentes parties de la célébration, proposition visuelle, du geste, du chant selon les besoins ; voir aux aménagements liturgiques utiles, etc.

 
5.    L’importance de la formation

Dans beaucoup de cas, les membres des comités de  liturgie sont des personnes de bonne volonté qui n’ont pas de  préparation spéciale et qui apprennent sur le tas, en comptant sur l’effort technique ou les connaissances  du pasteur. Toutefois, le dynamisme d’un comité grandit avec la formation et le ressourcement des membres. Étant donné que la liturgie entretient une parenté avec l’art, il est important que les membres du comité de liturgie soient régulièrement initiés par des formations adéquates à l’art de célébrer. Le concile Vatican II insiste sur la nécessité de la formation permanente des acteurs de la liturgie. La formation et le ressourcement gagneront à ne pas se limiter à la seule initiation liturgique.  Dans le contexte actuel où de plus en plus des baptisés prennent une part active dans la vie de l’Église, la formation liturgique pourra également initier les membres du comité  à une formation élémentaire de théologie, à la Parole, à la pastorale, à la catéchèse, etc., car la liturgie est le lieu de la rencontre des toutes ces disciplines…
                                                                                               Rodhain Kasuba Malu
À suivre...
 
 
 


 

 

jeudi 5 avril 2018

La grâce de la foi est Divine Miséricorde

            Depuis plusieurs années, le 2e dimanche de Pâques est aussi celui de la Divine Miséricorde. Pour me préparer à écrire, je lis les textes bibliques et les différents commentaires proposés. Quelques fois, c’est un des textes du dimanche qui fait monter en moi une réflexion. D’autres fois c’est une phrase lue au hasard de mes recherches qui vient stimuler ma pensée. C’est le cas pour ce dimanche. La petite phrase vient du P. Emmanuel Schwab de la paroisse Saint-Léon à Paris : la grâce de la foi est Divine Miséricorde.

            Une toute petite phrase, qui pour moi, vient transformer encore une fois le regard que je pose sur Thomas dans l’Évangile de ce dimanche. Il est utile pour nous qu’il se soit montré sceptique. Cela nous permet de réfléchir encore une fois sur le mystère de la foi et sur la grandeur de cette foi au cœur des croyants. On ne peut mesurer la foi comme nous mesurons les performances olympiques. Ce n’est pas une question de dépassement physique ou personnel. La foi est une grâce, un cadeau.

            La parole de Dieu est vivante, changeante. Elle nourrit notre foi. Elle vient nous dire des choses différentes chaque fois que nous la fréquentons. L’Esprit continue à agir à travers elle pour qu’elle continue à être Parole de vie pour nous aujourd’hui. Ce que nous voyons dans l’Évangile d’aujourd’hui, c’est la Miséricorde de Dieu à l’œuvre en Jésus ressuscité face à Thomas. Qu’importe les doutes, les hésitations, c’est d’abord la Miséricorde de Divine, incarnée dans le Christ qui nous donne la grâce de croire. C’est elle qui nous accueille quand reconnaissons la présence de Dieu dans nos vies et dans celles des autres autour de nous.

            Thomas avait besoin de voir les plaies de Jésus, de les toucher. Mais, quand il le voit, ses doutes s’envolent et il croit. La grâce de la foi lui est donnée. Il ne faut pas penser que la foi est un acte volontaire. On ne décide pas de croire et ça y est. La foi, ce sont tous les signes que Dieu met sur nos chemins et qui travaillent notre âme durant toute notre vie. La foi est l’œuvre de la miséricorde de Dieu pour les humains. C’est l’amour qui nous amène à la foi et non le contraire. Et cet amour agit à travers la Divine Miséricorde.

            Tous les chemins sont bons pour arriver à la foi. L’important quand cette étincelle de foi s’allume, c’est d’en prendre soin, de reconnaître Jésus Christ comme notre sauveur et de continuer à prier le Ressuscité, incarnation de cette Miséricorde Divine toujours en action dans notre monde et dans nos cœurs.

                                                Ouvrons nos cœurs à la Divine Miséricorde,

                                                                                                Suzie Arsenault

mercredi 7 mars 2018

Face à la croix, face à l'amour


 
            J’aime bien ce thème offert par la revue Vie liturgique pour le 4e dimanche du Carême : Face à la croix, face à l’amour. Nous oublions parfois que la croix et l’amour sont intimement liés dans l’histoire du salut de l’humanité. Le salut nous a été donné parce que Jésus a librement accepté de passer par la croix. Et pourquoi il a accepté? Il aimait Dieu d’un amour plus grand que tout. 

            Il y a des personnes qui disent qu’il est vain de se pencher sur la croix puisque nous sommes sauvés. Pourquoi parler de la souffrance quand le Christ est ressuscité? Il y en a d’autres qui se complaisent à rester dans le dolorisme, ne voyant notre passage sur terre, que comme un long purgatoire avant la vie éternelle. Pourtant, notre foi se nourrit de la croix et de la résurrection. C’est bien simple, pour que le Christ ressuscite, il a fallu qu’il accepte de passer par un chemin de souffrance. Et si nous voulons effacer cette souffrance, nous enlevons toute la puissance d’amour que sa résurrection a fait jaillir dans notre monde.

            Nous avons tous vécu des épreuves dans notre vie qui nous ont fait grandir, qui nous ont révélé une force intérieure que nous n’aurions jamais devinée. Nous changeons à travers les peines et les joies au fil de notre vie. Nous pouvons reconnaître que grâce à ce chemin, que nous n’avons pas choisi, une vie nouvelle s’est ouverte devant nous. Cette reconnaissance du chemin avec tout ce qui s’y est vécu nous permet de grandir comme être humain et comme fils et filles de Dieu.

            S’il en est ainsi de notre histoire, comment pourrait-il en être autrement de cette grande histoire de Dieu avec son peuple? La croix et l’amour ne peuvent s’envisager l’une sans l’autre. Ce serait nier l’amour profond qui unit le Père et le Fils. Ce serait nier que pour répondre à l’amour de son Père, Jésus s’est offert consciemment et amoureusement dans un abîme de souffrance pour que nous ayons la vie, la vie en Dieu.

            Dans l’ombre de nos propres croix, Dieu est là pour nous rappeler que nous sommes aimés d’un amour sans bornes. Il est là pour nous relever quand l’ombre s’éclaircit, il est la lumière qui transforme radicalement la vie de ses enfants.

Ne perdons pas de vue la croix. Grâce à elle, le soleil du ressuscité illumine notre vie.

                                                                        Suzie Arsenault