mercredi 5 juin 2019

Qu'ils soient un, comme nous mêmes

 
 J’ai envie de vous parler d’un extrait de l’Évangile de Jean que nous n’entendons jamais. Celui du 7e dimanche de Pâques. Un choix a été fait par l’Église canadienne de célébrer la fête de l’Ascension le dimanche avant la Pentecôte, faisant en sorte que le 7e dimanche de Pâques n’est jamais célébré. En ce jour de la Pentecôte, regardons quelques extraits de l'Évangile de ce dimanche.

 
Jésus prie son Père pour ses disciples : Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes (Jn 17, 11b). C’est une longue prière qu’il adresse à son Père alors que bientôt les soldats viendront l’arrêter. Nous voyons bien qu’il aime ses disciples. Alors que la fin approche, il les confie à son Père. Il les a éduqués, leur a parlé du Père. Il n’en a perdu aucun, sinon celui qui le trahira. Dans cette prière, c’est à la fois la reconnaissance d’un fils pour tout ce qui lui a été donné par son père, particulièrement son nom. Un nom qui est signe d’une filiation plus forte que la mort. Une filiation qui ouvre à une vie nouvelle.

 Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi… pour qu’ils aient ma joie, et qu’ils en soient comblés (Jn 17, 13). Cette joie du Christ, nous devons en être des porteurs dans nos vies et dans le monde. Les faces de carême, même dans le temps du carême, devraient être remisées au placard. Pourquoi? Parce que le Christ est ressuscité et que nous sommes ressuscités avec Lui! C’est la réalité du matin de Pâques. Une réalité que nous vivons chaque fois que nous sommes ensemble pour célébrer. Chaque fois que nous sommes dans le monde.

De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux, je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. (Jn 17, 19). Le Christ a dédié sa vie à faire la volonté de son Père. Il a incarné la Parole et l’Amour du Père dans sa vie d’homme. Cette mission, c’est à nous qu’il la confie aujourd’hui. Nous sommes aimés d’un amour plus grand que tout autre amour. Ne voulons-nous pas que d’autres puissent en être habités ?
 
Soyons, selon nos charismes, ceux et celles qui font résonner la joie du Christ dans le monde. Et bonne fête de la Pentecôte!

Suzie Arsenault
Adjointe à la coordination pastorale 


 

vendredi 24 mai 2019

60 ans de présence des Pères Eudistes dans le diocèse de Gatineau, en Outaouais


Pour réfléchir, ne serait-ce que quelques minutes, sur le rayonnement et la fructification de la présence eudiste dans le diocèse de Gatineau depuis 1959 jusqu’à nos jours, il faut d’abord nous rappeler le charisme de cette Congrégation.


J’ai consulté sur le WEB  le site des Eudistes. La première phrase que j’y trouve les définit comme suit : « Les Eudistes ensemble pour la mission. » Et l'on a immédiatement ajouté une citation du fondateur : « Avec un grand cœur et un grand amour. » Voilà ce que furent les Eudistes avec nous en Outaouais : « Ensemble pour la mission, avec un grand cœur et un grand amour. »

Ce qui caractérise la Congrégation de Jésus et Marie, communément appelée « les Eudistes », c’est sa double finalité apostolique : collaborer à l’œuvre de l’évangélisation ainsi qu’à la formation de bons ouvriers et ouvrières de l’Évangile, prêtres et laïcs.

Jean Eudes, saisi par l’amour de Jésus, a porté dans son cœur les détresses et les besoins des hommes et des femmes de son temps. À la suite de leur fondateur, les Eudistes cherchent à ouvrir, avec audace, des voies pour faire grandir le Royaume de Jésus, et ce « avec un grand cœur et un grand amour ». Ces prêtres, ainsi que des laïcs associés, partagent leur vie de prière, leurs expériences et leurs engagements apostoliques.

La première présence eudiste dans l’Outaouais remonte à 1959-60 (construction du Scolasticat des Eudistes). Pendant quelques années, séminaristes eudistes et séminaristes du diocèse (après la fondation du Séminaire diocésain en 1963) ont cohabité, partageant la spiritualité et la vision missionnaire de Jean Eudes.

Puis la communauté s’est orientée vers un autre type d’implication dans le milieu : enseignement, ministère paroissial, accueil de personnes désirant vivre un temps de ressourcement ou d’accompagnement personnel. C’est ainsi qu’est né Champboisé.

En relation avec l’Église diocésaine et en accord avec ses orientations pastorales en vue de la formation chrétienne des adultes, les Eudistes ont œuvré à promouvoir la croissance des personnes et des groupes, spécialement par des temps de réflexion à partir d’expériences de vie et selon l’esprit et les valeurs évangéliques.

Certains Pères ont rayonné avec plus d’éclat. Bien sûr, je pense à l’unique et flamboyant Père Nazaire, pilier du mouvement charismatique et fondateur de trois mouvements issus du Cursillo. Mais tous, chacun selon son appel particulier, ont été dans notre milieu des porteurs de l’Évangile, des révélateurs de la tendresse et de la bonté du Père pour nous. Durant ces années, ils ont œuvré parmi nous et avec nous « avec un grand cœur et un grand amour », nous révélant les secrets du Cœur de Jésus et du Cœur de Marie.

Je tiens à souligner les relations de fraternité que les Pères Eudistes ont voulu vivre avec le clergé diocésain, sans bien sûr exclure les confrères des autres communautés en service ministériel parmi nous.

Fait aussi partie du rayonnement et de la fructification des Eudiste la présence des associés. Ces personnes laïques, nourries des textes de Jean Eudes, rayonnent la spiritualité eudiste dans leur milieu de vie.

Je ne veux pas terminer cet hommage sans un bref témoignage personnel. Depuis que je connais des eudistes, soit depuis juillet 1979 sur la Côte-Nord, et depuis 1988 en Outaouais, j’ai maintes fois expérimenté l’amitié, la compréhension, l’apport spirituel de ces disciples de Jean Eudes pour leur évêque. Ils furent pour moi de précieux soutiens aussi bien dans ma vie spirituelle et psychologique que pastorale. Je les remercie de tout cœur.

Paroisse Ste-Rose-de-Lima, Gatineau, 27 avril 2019.

† Roger Ébacher

Archevêque émérite de Gatineau

mercredi 15 mai 2019

Avec nous


Jésus a marché sur notre terre, comme un des nôtres. Quand est venu le moment, il a appelé des hommes pour être ses apôtres et bientôt de nombreux disciples les ont rejoints. Il a vécu trois ans avec eux, se promenant à travers la Galilée, la Judée et même la Samarie, enseignant, parlant de son Père et guérissant des malades. De nombreuses personnes ont été transformées par sa présence.
 

Après sa résurrection, il a passé du temps avec ses apôtres. Ces dernières rencontres avec eux étaient comme une dernière préparation pour leur mission. C'est à la Pentecôte que l'élan du don de l'Esprit fera d'eux de vrais missionnaires de l'Évangile.
 
Des missionnaires habités par le commandement nouveau donné par Jésus lors de son dernier repas avec eux. Son commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. C'est cet amour qui sera leur plus grand témoignage de vrais disciples du Christ.

Nous oublions parfois que l'amour est la seule chose qui importe. Si l'amour manque, il n'y a plus de témoignage. Nous n'avons pas à chercher des signes spectaculaires qui nous révéleraient que Dieu est vraiment présent. Ce n'est pas que ce soit impossible. Mais à force de guetter l'extraordinaire, nous oublions que nous avons à être signe de l'amour de Dieu pour les personnes que nous rencontrons au fil des jours. Comme Jésus l'a fait pour ses contemporains.

Cette présence de Dieu dans nos vies, c'est en vivant le moment présent que nous la sentirons. Cette présence est dans tous les gestes, les regards, les paroles de bonté que nous recevons ou que nous donnons. C'est le désir d'une vraie relation avec Lui qui ouvrira notre cœur à sa présence dans notre quotidien. Et c'est ça qui sera extraordinaire. Je crois que c'est ce qui habitait les disciples et les témoins qui les ont suivis.
 
C'est tous les jours que Dieu, Père, Fils et Esprit est présent sur la terre. Par son amour, par nos gestes, par nos paroles et simplement par l'amour que nous aurons les uns pour les autres.

 
Suzie Arsenault
Adjointe à la coordination pastorale

lundi 8 avril 2019

Désarmant

Il m'arrive quelquefois de drôles de choses. Comme des petits clins d'œil de Dieu qui viennent me dirent: Je suis là! C'est arrivé comme je m'installais pour écrire ce texte pour le dimanche des Rameaux. J'ai lu la première lecture et je me suis dit: c'est beau! Je suis même allée chercher l'ancien lectionnaire dominical pour voir si c'était un nouveau texte. C'était le même texte! Il n'avait pas été changé. Et pourtant, c'était comme si je le lisais pour la première fois. Étonnant n'est-ce pas?




Pour moi, il était nouveau. Comme si la beauté de cet extrait d'Isaïe venait me toucher d'une façon nouvelle et profonde. C'est ce qui est particulier de la parole de Dieu. Nous y revenons plusieurs fois dans une vie et chaque fois elle viendra nous toucher, nous parler, nous étonner différemment. Cela arrive souvent quand nous la lisons sans chercher de réponses. En l'accueillant simplement dans le présent de Dieu dans nos vies.

Je l'ai relu trois fois. Je reconnais Jésus dans ce texte. Je reconnais celui qu'il a été pour ses disciples, pour les gens qu'il a guéris, écoutés et ceux qui l'ont violenté. Je le reconnais comme celui qui m'a sauvée. Je reconnais tout ça, mais ce qui m'a d'abord prise au cœur est la première partie. "Le Seigneur ... m'a donnée le langage  des disciples, pour que je puisse d'une parole, soutenir celui qui est épuisé... il réveille mon oreille pour qu'un disciple, j'écoute." Ce sont ces mots qui m'ont touchée profondément.

Ces mots viennent me dire que le chemin ouvert par Jésus, c'est possible pour nous de le parcourir, à notre mesure. Je dirais même, à notre pleine mesure. Il ne s'agit pas de mourir sur une croix, ça il l'a déjà fait une fois pour toutes, pour nous. Il s'agit, en le reconnaissant comme notre Sauveur et comme le disciple parfait qu'il a été, d'aller au bout de ce que nous pouvons faire pour être sa parole, ses oreilles, ses yeux, ses mains, là où nos pas nous mènent. Il nous ouvre la voie tous les jours.

Cet extrait du livre d'Isaïe va me suivre durant la Semaine Sainte qui commence. Je vous souhaite d'accueillir simplement  la Parole que vous entendrez  dans les différentes célébrations, d'être touchés comme disciples et de parvenir à la Veillée pascale prêts et prêtes à vivre l'immense et sainte joie de la résurrection.

Laissons-nous étonner par cette grande semaine qu'est la Semaine Sainte!


Suzie Arsenault




mardi 19 mars 2019

L'avenir de la paroisse Jean XXIII

(Deuxième partie du texte de Madame Hélène Robitaille, sur le projet pastoral 2018-2019, à la paroisse Jean XXIII)



Enjeu 2 : Réussir  à s'adapter à un environnement en constante mutation

Objectif : trouver l'équilibre entre les besoins et la réponse aux besoins.


Voici quelques pistes retenues par ce groupe de réflexion:
  • Mettre en place des actions qui supportent les valeurs prioritaires de la paroisse Jean XXIII : respect et accueil, engagement face à la communauté, une religion à la portée de tous, dynamisme, liturgies vivantes
  • Le bâtiment de la communauté Jean XXIII reflète bien ces valeurs pour une communauté à taille humaine
  • Maintenir ce que nous avons et atteindre de nouvelles personnes
  • La question persiste : qui fera le travail?
  • La formation des gens qui s'impliqueraient devra être prévue. Encore plus pour les activités pastorales qui touchent aux sacrements
  • Quelques exemples:
    • Messe ou ADACE qui viserait différents groupes (enfants, ado, communautés culturelles; faire un sondage auprès d'eux pour connaître leur intérêt et désir d'implication)
    • Activités extérieures (fête interculturelle, fête de la famille, épluchette de blé d'inde pour l'Action de grâce, la rentrée

 

Enjeu 3 : Réussir à susciter l'engagement des chrétiens dans la communauté Jean XXIII

Objectif : Faire prendre conscience aux baptisés de leurs responsabilités face à leur mission dans la communauté afin de susciter l'engagement

Aucune piste nouvelle ne fut identifiée pour cet enjeu, pour lequel nous avons déployé beaucoup d'efforts pour le recrutement, la formation et la reconnaissance des bénévoles.

Conclusion du groupe: Il faut travailler ensemble car il y a une forte concordance entre les actions pouvant être décidées dans un enjeu ou l'autre. Par exemple, nous ne pouvons pas annoncer une action aux gens de la paroisses sans que les conditions de sa réalisation soient convenues à l'interne.

Enjeu 4 : Réussir à maintenir et à assurer les ressource financières pour l'avenir de la pastorale de la communauté Jean XXIII

Objectif : Trouver des moyens diversifiés pour maintenir et assurer les ressources financières nécessaires à l'activité pastorale
  • Trouver des moyens pour aller chercher de la relève pour de nouveaux marguilliers ayant la paroisse et la pastorale à cœur
  • Expliquer la fonction et les tâches aux personnes, principalement au moment des élections
  • Valoriser la fonction et donner une idée plus précise du temps qu'un marguillier doit consacrer par semaine ou par mois
  • Annoncer au prône la tenue de la réunion mensuelle
  • Repenser le rôle et les responsabilités des marguilliers
  • Repenser le rôle des employés et des gestionnaires

À suivre ...  


 






 

mercredi 6 mars 2019

« Ensemble au nom de ton Fils… Nous écoutons ta Parole. »


 
 
 
En lien avec le processus synodal, l’équipe synodale diocésaine nous propose de vivre le temps du carême en continuant à faire des découvertes. Des propositions liturgiques ont été proposées aux paroisses. Le thème général pour le carême : Rassemblés au nom de ton Fils… et chaque dimanche, nous aurons un sous-thème différent.

 
 
Cette semaine, le sous-thème est : Nous écoutons ta Parole. Nous pourrions croire qu’écouter la parole de l’autre est facile. Nous écoutons beaucoup de personnes dans une journée. Mais les écoutons-nous toujours avec attention? Je me pose la question, même à moi! Il n’y a jamais eu autant de paroles en circulation de nos jours, sur toutes sortes de sujets. Mais il y a de plus en plus de gens qui ne se sentent pas écoutés. Des personnes qui ne trouvent aucune oreille amicale pour recevoir leurs paroles. Des paroles de peur, de tristesse, de colère qui ont besoin de s’exprimer, d’être partagées avec un être humain capable de les entendre vraiment.

 

Sommes-nous de ces personnes qui ne sont plus capables d’écouter la parole de l’autre et de deviner la soif qui l’habite? Sommes-nous si saturés par toutes les informations que nous glanons sur les réseaux sociaux, que les paroles n’arrivent plus à trouver une place pour se déposer, tout simplement?


Dans la deuxième lecture, il est dit : Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Quand nous écoutons vraiment la Parole, elle agit en nous. Elle nous donne le goût d’y revenir, de la partager. Elle fait grandir notre relation avec le Christ. Je dirais même qu’elle nous aide à avoir des relations avec les autres d’une façon plus fraternelle et avec bienveillance. Fréquenter la Parole nous transforme.


Le carême est un temps de conversion. Ce n’est pas un processus ou un effort de notre volonté. La conversion se fait pas à pas, parole après Parole et silence après silence. Il faut se rendre disponible dans cette traversée du désert avec le Christ. C’est la seule façon de bien l’écouter et de se laisser toucher au plus profond de notre cœur.
 
  Bonne route, bonne écoute!

                                                          Suzie Arsenault