mercredi 12 octobre 2016

Nous demandons pardon à Dieu pour notre manque de miséricorde

Le 26 juin dernier, le pape François affirmait dans une entrevue : « Nous devons demander pardon [pour les nombreuses discriminations] aux personnes homosexuelles, mais aussi aux pauvres, aux femmes délaissées, aux enfants exploités par le travail, demander pardon pour avoir béni tant d'armes, pour ne pas avoir accompagné tant de choix, tant de familles... » Et le mois dernier, le pape nous invitait à prier pour les victimes des abus sexuels commis par les prêtres.

L'archidiocèse de Gatineau célèbre chaque 11 octobre son saint patron, Marie, Mère de l'Église. Notre conseil presbytéral a proposé qu'en cette année jubilaire de la miséricorde, nous profitions de notre rassemblement diocésain traditionnel pour demander pardon au Seigneur de notre manque de miséricorde envers certains groupes : les victimes d'abus sexuel clérical, les couples dont le mariage a échoué, les personnes homosexuelles, les femmes qui se sont fait avortées, les réfugiés et les immigrants et, enfin, les pauvres. Nous l'avons fait dans le rite pénitentiel et dans la prière universelle hier soir à la messe diocésaine célébrée en la cathédrale St-Joseph.

Voici le texte du rite pénitentiel.

Seigneur Jésus, nous avons parfois manqué de miséricorde pour les hommes et les femmes qui ont été victimes d'abus sexuels de la part des prêtres. Nous ne les avons pas écoutés au bon moment, nous ne les avons pas toujours crus, nous ne les avons pas accompagnés. Kyrie eleison.

O Christ, we have sometimes lacked mercy for those men and women whose marriages have failed. We have judged them, we have avoided them, we have relegated them to the last places in our churches. Kyrie eleison.

Seigneur Jésus, nous avons parfois manqué de miséricorde envers les personnes homosexuelles. Nous ne les avons pas comprises, nous les avons insultées, nous avons coupé nos relations avec elles. Kyrie eleison.

Ô Christ, nous avons parfois manqué de miséricorde envers les femmes qui se sont faites avortées. Nous les avons condamnées, nous les avons abandonnées, nous n'avons pas su tenir leurs mains. Kyrie eleison.

Lord Jesus, we have sometimes lacked mercy for immigrant men, women and children. We have ignored them, we did not lend a hand, we did not seek to know them. Kyrie eleison.

Ô Christ, nous avons parfois manqué de miséricorde envers les pauvres. Nous n'avons pas partagé nos biens, nous les avons jugés, nous avons gardé nos distances. Kyrie eleison.

Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde, qu'il nous pardonne nos péchés et nous conduise, avec tous nos frères et soeurs en humanité, jusqu'à la vie éternelle. Amen.

Voici le texte de la prière universelle.

Au début de cette célébration, nous avons demandé pardon pour notre manque de miséricorde envers divers groupes d'hommes et de femmes que nous avons tous rencontrés sur nos chemins. Maintenant, portez-les dans notre prière devant le Seigneur de toute miséricorde.

Prions pour les hommes et les femmes qui ont été victimes d'abus sexuels de la part des prêtres. Qu'ils rencontrent sur leur chemin une oreille prête à écouter, un coeur capable de comprendre, un ami prêt à marcher avec eux. Prions le Seigneur.

Let us pray for those men and women whose marriages have failed. May they find friends who will not judge them, homes to welcome them and parishes that will bring them into community, we pray to the Lord.

Prions pour les personnes homosexuelles. Qu'elles découvrent la compréhension, les paroles d'encouragement et des amitiés durables chez leurs frères et soeurs en Église. Prions le Seigneur.
Prions pour les femmes qui se sont faites avortées. Qu'elles fassent l'expérience de la miséricorde, de l'accueil inconditionnel et de l'accompagnement chaleureux de leur communautés chrétiennes. Prions le Seigneur.

Let us pray for immigrant men, women and children. That they discover warm and open Church communities where they will be acknowledged, integrated and supported, we pray to the Lord.
Prions pour les pauvres. Qu'ils découvrent dans nos communautés la générosité qui soulage, le regard compatissant et la compréhension dont ils ont besoin. Prions le Seigneur.


Oui, Seigneur, regarde ces hommes, ces femmes, ces jeunes et ces enfants qui ont tellement besoin de rencontrer des témoins de ta miséricorde, et aide-nous, par ton Esprit, a être ces témoins partout sur les chemins de la vie. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

mardi 13 septembre 2016

L'évangélisation selon le pape François

Évangéliser, c’est donner témoignage, sans trop de paroles

Nous devons nous mettre dans la condition de l’autre : «S’il est malade, me rapprocher, ne pas l’encombrer avec des arguments, être proche, l’assister, l’aider». Il faut évangéliser, a-t-il rappelé, «avec cette attitude de miséricorde, se faire tout à tous. C’est le témoignage qui porte la Parole».

François a donc rappelé que durant le déjeuner avec des jeunes lors des JMJ de Cracovie, un garçon lui a demandé de qu’il devait dire à son ami athée : «C’est une belle question ! Nous connaissons tous des gens éloignés de l’Église : que devons-nous leur dire ? Et moi je lui ai répondu : écoute, la dernière chose que tu dois faire, c’est de lui dire quelque chose ! Commence par faire, et lui, il verra ce que tu fais, et il te demanderas. Et quand il te demandera, tu lui diras. Évangéliser, c’est donner ce témoignage : moi je vis comme ça, parce que je crois en Jésus-Christ. Moi je réveille en toi la curiosité de la question mais pourquoi tu fais ces choses ? Parce que je crois en Jésus-Christ et j’annonce Jésus-Christ, et non seulement avec la Parole, mais avec la vie.»

Ceci, c’est évangéliser, et cela se fait gratuitement, a insisté le Pape François, «parce que nous avons reçu gratuitement l’Évangile», «la grâce, le salut ne s’achète pas et ne se vend pas non plus : c’est gratuit ! Et nous devons le donner gratuitement.»

Annoncer le Christ, c’est vivre la foi, en donnant gratuitement l’amour de Dieu

Le Pape a ainsi évoqué la figure de saint Pierre Claver, dont c’est aujourd’hui la mémoire liturgique. Un missionnaire, a-t-il noté, qui «s’en est allé annoncer l’Évangile».

Peut-être qu’il pensait «que son futur aurait été de prêcher : dans son futur, le Seigneur lui a demandé d’être proche des exclus de son temps, des esclaves qui arrivaient là-bas, d’Afrique, pour être vendus».

«Et cet homme n’a pas fait une promenade, en disant qu’il évangélisait. Il n’a pas réduit l’évangélisation à un fonctionnalisme ni à un prosélytisme : il a annoncé Jésus-Christ avec les gestes, en parlant aux esclaves, en vivant avec eux, en vivant comme eux ! Et il y en a tellement, des comme lui, dans l’Église ! Tellement qui s’annihilent eux-mêmes pour annoncer Jésus-Christ.

Et aussi nous tous, frères et sœurs, nous avons l’obligation d’évangéliser, qui n’est pas de frapper à la porte du voisin ou de la voisine et de dire : le Christ est ressuscité ! C’est vivre la foi, et en parler avec douceur, avec amour, sans volonté de convaincre personne, mais gratuitement. C’est donner gratuitement ce que Dieu m’a donné gratuitement : ceci, c’est évangéliser.»


Extraits de la présentation de son homélie du 9 septembre 2016 à la Domus Sanctae Marthae