Mgr Ébacher XLV - « Marana tha ! » (« Notre Seigneur, viens! ») (1Co 16,22)
Par ce cri insistant, saint Paul met au cœur de toute la vie
chrétienne la joyeuse espérance dont l’objet est l’attente fervente de la venue
glorieuse du Seigneur Jésus ressuscité.
C’est aussi ce cri d’espérance que fait entendre le prophète
à la fin de l’Apocalypse : « L’Esprit et l’Épouse disent : “Viens!”
[…] Viens, Seigneur Jésus! » (Apo 22, 17. 20)
« L’objet
primaire, le plus concret, le plus expressif de l’attente chrétienne, celui
aussi qui excite l’enthousiasme des fidèles [de l’Église primitive], c’est la
venue de Notre-Seigneur avec la joie qu’elle apportera et la gloire qui en
rejaillira sur les chrétiens. » (L. Cerfaux)
C’est cette même attente que crie l’Église aujourd’hui rassemblée
pour l’eucharistie, quand elle acclame, après la consécration eucharistique :
« Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection,
nous attendons ta venue dans la gloire », ou : « Gloire à toi
qui étais mort, gloire à toi qui es vivant, notre Sauveur et notre Dieu :
Viens, Seigneur Jésus! »
Cette vibrante attente est à nouveau exprimée par le président
de la célébration eucharistique avant la communion : « Soutenus par
ta miséricorde, nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve,
nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement
de Jésus Christ, notre Sauveur. »
Mais l’espérance n’est pas que l’élan essentiel de la
communauté rassemblée. Elle est d’abord au cœur de la vie quotidienne de chaque
chrétien. « C’est la vie éternelle qui, seule, donne sens à l’existence
terrestre » (X. Léon-Dufour)
Les auteurs et auteures modernes et contemporaines auraient
tant à nous enseigner. Me viens spontanément à l’esprit Péguy et Bernanos, écrivains
à la fois si profonds et si contrastés au sujet de l’espérance! Mais il faut
bien mettre un point final à cette série de
méditations sur l’espérance!
Terminons avec sainte Thérèse
d’Avila :
Espère, ô
mon âme, espère. Tu ignores le jour et l’heure. Veille soigneusement, tout
passe avec rapidité, quoique ton impatience rende douteux ce qui est certain,
et long un temps bien court. Songe que plus tu combattras, plus tu prouveras
l’amour que tu portes à ton Dieu, et plus tu te réjouiras un jour avec ton
Bien-Aimé, dans un bonheur et un ravissement qui ne pourront jamais finir.
† Roger Ébacher

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