MESSAGE DE PÂQUES DE MGR PAUL-ANDRÉ DUROCHER 2022

 



Une sixième vague de COVID, les changements climatiques, la reprise de l’inflation, la guerre en Ukraine : autant de raisons de nous décourager. Quand en sortirons-nous enfin 

Ce sentiment pénible, nous l’éprouvons chaque fois que nous sentons que notre vie ou que notre monde est pris dans des cercles vicieux. Nous répétons les erreurs du passé, nous reprenons nos tristes habitudes, nous sombrons dans la même lassitude. Nous croyions en la paix, mais voilà la guerre qui reprend. Nous espérions la joie, mais la tristesse nous envahit. Nous attendions la guérison, mais la blessure s’ouvre de nouveau. 

Croire en la résurrection de Jésus, c’est affirmer que les perpétuels recommencements ne demeureront pas éternellement sans issue. C’est retrouver l’espérance au cœur des cercles vicieux qui nous cernent et s’engager à les briser. C’est refuser de se laisser envahir par le découragement et choisir de vivre pleinement, malgré les limites du moment présent. 

Croire en Jésus ressuscité, c’est s’ouvrir à une relation vivante, source de courage et d’espérance. Nous n’avançons jamais seuls, car celui qui a vaincu la mort marche à nos côtés. De nos méandres et de nos déviations, il trace des lignes droites. Avec lui, les cercles vicieux deviennent des spirales qui nous purifient, nous transforment et nous élèvent. Grâce à lui, le pardon et la réconciliation deviennent possibles, nous pouvons faire route ensemble malgré nos différences. 

Fêtons Pâques avec des cœurs enflammés par cette conviction : en son Fils Jésus, Dieu nous ouvre un avenir. Christ est vraiment ressuscité. Alléluia! 

 

+ Paul-André Durocher 


 

Fratelli Tutti - Chapitre II


Nicole Fortier-Courcy continue sa présentation de l’encyclique du pape François sur la fraternité universelle.


Sans crainte de se tromper, on peut penser que depuis des temps immémoriaux, les relations entre les humains n’ont pas toujours été de tout repos. La Bible est remplie d’exemples : depuis Caïn et Abel, depuis Job jusqu’à Jésus et de Jésus jusqu’à nous. L’histoire se répète, nous dit le pape François qui reprend au 1er chapitre de cette encyclique nombre de vicissitudes de notre temps; mais il nous promet des chemins d’espoir : « À la recherche d’une lumière au milieu de ce que nous vivons, et avant de présenter quelques pistes d’action, » (no 56) il nous propose au 2e chapitre un réflexion sur la parabole du bon Samaritain intitulée « Un étranger sur le chemin. »

Afin de bien m’en imprégner, je prends le temps de lire ce texte de l’évangéliste Luc (10, 25-35). Je peux même en faire une Lectio Divina. (Cf. https://lectiodivina.catholique.fr/quatre-etapes-de-la-lectio-divina/ pour connaître cette méthode.)

Si « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps…sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, » (no 56) cette parabole m’interpelle aujourd’hui en tant que croyant ou croyante. Auquel de ces personnages est-ce que je m’identifie?

L’homme blessé : « Un homme…tomba au milieu de brigands qui, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. »

M’arrive-t-il de me sentir comme la personne blessée? À ces moments-là, de qui est-ce que j’attends de l’aide? Quelle est ma confiance que le Seigneur prendra soin de moi par l’intermédiaire d’un « proche prochain »? (no 80)

Le prêtre et le lévite : « Un prêtre le vit et passa outre. Pareillement un lévite… »

L’histoire se répète encore de nos jours : « Une personne est agressée dans la rue et beaucoup s’enfuient comme s’ils n’avaient rien vu. » (no 65) M’arrive-t-il de passer outre comme le prêtre et le lévite? M’arrive-t-il de faire comme si je ne voyais pas? Est-ce que je prends le temps de m’arrêter?

Le Samaritain (un étranger) « Il s’approcha, banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin puis il le chargea sur sa propre monture…prit soin de lui. »

Comment puis-je être « présence » auprès d’une personne blessée? Est-ce que je confie par avance cette personne au Seigneur? Est-ce que je me confie moi-même, sachant que je ne serai jamais à la hauteur?

« Dans les traditions juives, le commandement d’aimer et de prendre soin de l’autre semble se limiter aux relations entre les membres d’une même nation. » (no 59) « Dans la communauté de Jean, il était demandé de bien accueillir les frères. .. bien que ce soient des étrangers. » (no 62) Quelle est ma compréhension à moi du mot prochain?

Est-ce que mes prières, mes soins se limitent aux membres de ma famille, à mes groupes d’appartenance, à mes compatriotes? Qu’en est-il de mes prières universelles? Puis-je être là au nom de cette présence de Dieu qui ne nous abandonne pas?

Prière

Seigneur Jésus, tu me dis : Fais cela et tu vivras! Apprends-moi à faire de même selon les situations, selon mes capacités, enseigne-moi qui est mon prochain, appelle-moi à ouvrir les yeux sur la souffrance qui afflige notre monde. « Face à tant de douleurs, à tant de blessures, la seule issue, c’est d’être comme le bon Samaritain, » (no 67) nous rappelle le Saint Père.

Quel beau cadeau que cette encyclique!

Comme le Vent dans les Voiles || 20 Février 2022 : Septième Dimanche du Temps Ordinaire Année C

 

Comment sommes-nous censés vivre avec nos ennemis?

Dans la liturgie de la parole de ce dimanche, le Seigneur Jésus nous dit : « Aimez vos ennemis ».

Avons-nous des ennemis dans nos vies ? Avez-vous été lésé ou maltraité ou humilié ou comploté par vos ennemis ? Avez-vous offensé quelqu'un auprès de qui vous vous êtes excusé et ces excuses n'ont pas été acceptées ? Avez-vous irrité quelqu'un qui s'est dressé contre vous ? Avez-vous une famille ou un membre de la communauté qui vous en veut ? Que ressentez-vous à l'intérieur de vous-même ? Vengeance? Une envie de les punir ou de les abattre? Vous êtes-vous révolté à l'intérieur de vous-même contre certains de vos ennemis ?

Nous avons remarqué comment les camionneurs de la ville d'Ottawa ont rendu la vie des résidents difficile et désagréable à cause de leurs cris et de leur bruit pendant la nuit. Nous avons tous des gens dont la vie a rendu nos vies difficiles et nous pensons que nos vies seraient bien meilleures s'ils n'étaient jamais nés. Ces ennemis, qui sont la cause de nos sentiments de vengeance, sont les personnes que nous sommes appelés à aimer.

Comment sommes-nous censés vivre avec nos ennemis ? Jésus nous dit que vous devez aimer vos ennemis en faisant du bien à ceux qui vous haïssent, en bénissant ceux qui vous maudissent et en priant pour ceux qui vous maltraitent. Nous sommes censés aimer nos ennemis, pas les aimer romantiquement comme on aime un "copain" ou une blonde, ou de manière fraternelle –agapè - comme on aime les membres de notre famille.

Nous sommes censés vivre avec nos ennemis : en nous souciant de leurs intérêts et de leur bien-être. Vous faites du bien à vos ennemis parce que vous aimez Dieu, celui qui se soucie d'eux et de leur bien-être.

La règle d'or « Faites aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fassent » est basée sur ce que vous voudriez que les autres vous fassent, tandis qu'au contraire « aimez vos ennemis » est basée sur la façon dont Dieu nous traite comme Jésus l’a fait lui-même dans sa vie.

Le Seigneur ne nous demande pas trop. Il nous dit seulement de pardonner afin que nous puissions recevoir le pardon. Dans l'Évangile de Luc, que nous avons entendu aujourd'hui, il nous est dit "d'être miséricordieux, comme notre Père céleste est miséricordieux". Notre objectif en tant que disciples du Christ est d'agir de la même manière que Dieu agit, c'est-à-dire d'être miséricordieux envers tout le monde, même envers nos ennemis.

Liez-vous d'amitié avec vos ennemis comme David l'a fait avec le roi Saül. Il a eu l'occasion de tuer Saul qui cherchait lui-même à lui enlever la vie. Pourtant, il a refusé. Au lieu de cela, David a pris la cruche d'eau et la lance de Saül pour prouver qu'il était la meilleure personne. Il était miséricordieux. En faisant cela, il a changé le cœur de Saül. Alors Saül dit à David : Béni sois-tu, mon fils David ! Vous ferez beaucoup de choses et y réussirez. Il a commencé à voir le positif chez David, se souciant de son bien-être et l'a rendu grand.

Alors ce que Jésus nous demande est difficile, mais ce n'est pas impossible, et c'est vital aussi. Brisons le mur autour de nos cœurs et aimons nos ennemis en leur faisant du bien et rendons-les grands.

Jean-Paul Omombo

Comme le vent dans les voiles || Sixième dimanche du temps ordinaire - Année C


Première Lecture : Jer 17:5-8 || Psaume : Ps 1:1-2, 3, 4 and 6 || Deuxième Lecture : 1 Cor 15:12, 16-20 || Evangile : Lc 6:17, 20-26


Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, tressaillez de joie,
dit le Seigneur,
car votre récompense est grande dans le ciel.
Alléluia. (Lc 6, 23)

À la lecture de l’évangile de ce dimanche, me revient en mémoire ce que Dieu disait à Israël en Dt 20,15.19 : « Vois! Je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur (bénédiction), ou bien la mort et le malheur (malédiction). Choisis donc la vie… ». C’est exactement le même choix que Jésus nous invite à faire en nous présentant successivement quatre attitudes de bonheur (Béatitudes) et quatre attitudes de malheur. Et il est à noter que la 1ère lecture (« Maudit soit l’homme… » et « Béni soit l’homme… ») et le Psaume (« Heureux est l’homme… » et « Tel n’est pas le sort des méchants ») se situent dans la même logique d’invitation à choisir la vie, le bonheur, la bénédiction.
Je trouve très réconfortant que Jésus se soucie de notre bonheur en tenant compte des moindres aspects de notre vie à savoir : de notre situation matérielle (« Heureux, vous les pauvres… »); de nos besoins essentiels/les plus élémentaires (« Heureux, vous qui avez faim maintenant… »); de nos sentiments/émotions (« Heureux, vous qui pleurez maintenant… »); de nos relations avec les autres (« Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent… »). Je trouve très encourageant de savoir que je peux être quand même heureux, même au milieu de ces diverses situations difficiles apparemment en contradiction avec le bonheur. Mais comment donc est-ce possible? Arrêtons-nous aux deux dernières béatitudes pour nous faire une idée.
« Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez ». A priori, il n’est certainement pas bon d’être dans l’affliction et de faire des pleurs et de la tristesse une Béatitude. Mais cette Béatitude me rappelle ces mots d’une parabole de Jésus en guise de reproche à ses contemporains : « Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n’avez pas pleuré ». Au lieu de danser au son de la flûte, les contemporains de Jésus ont plutôt pleuré; et au lieu de pleurer aux chants de deuil, ils ont plutôt dansé. Je comprends que toutes les joies que nous éprouvons ne sont pas nécessairement saines ou constructives. En revanche, même si le sentiment de tristesse est souvent destructeur, une certaine forme de tristesse peut être épanouissante parce que guidée par la solidarité, par la compassion, par l’empathie, par la charité.
« Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent… ». Oui, je reconnais que c’est très douloureux et très déprimant de se voir rejeté par les autres à cause de ses convictions. Mais le rejet le plus grave et le plus destructeur qu’on puisse expérimenter, c’est le rejet de soi par soi, c’est-à-dire quand on en vient à renier ses convictions pour être accepté par les autres. Jésus veut nous dire que l’harmonie avec soi-même est beaucoup plus importante que l’harmonie avec les autres pour nous mener au bonheur. Il faut que l’harmonie avec les autres soit construite sur le roc de l’harmonie avec soi-même; sinon l’harmonie avec les autres n’est que factice et ne peut nous conduire à un épanouissement et un bonheur réels. Recherchons d’abord l’harmonie avec nous-mêmes, et l’harmonie avec les autres nous sera donnée par surcroît.
Merci Seigneur de nous montrer le vrai chemin du bonheur.

HOUETOUNGAN Constantin

Comme le vent dans les voiles || 5e dimanche du temps ordinaire - Année C


 5e dimanche du temps ordinaire

6 février 2022

Objet : réflexion sur l’évangile de Luc 5, 1-11


« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Luc 5, 10)

 Nous sommes tous à un moment ou l’autre bombardés de publicités ou de propositions qui nous invitent à acheter un produit, à adhérer à un club ou à une organisation, etc. Par expérience, nous avons développé de bons mécanismes de protection qui nous rendent prudents et nous amènent alors à nous poser cette question : « Quelle est ‘ l’attrape ’ dans cet appel à acheter, à adhérer, à suivre… ?». Les beaux parleurs, les vendeurs de rêves, les proposeurs de solutions miracles sont constamment à l’affût de notre attention.

Pierre et ses compagnons de pêche, Jacques et Jean, ne sont pas des hommes désœuvrés qui attendent que le temps passe. Ils travaillent pour vivre et sont probablement responsables de leurs familles. Des beaux parleurs, des hommes intéressants, ils en voient certainement tous les jours mais ils sont contents de leur situation et sont prudents. Si Pierre laisse Jésus monter dans sa barque et accepte de s’éloigner du rivage pour que les gens présents puissent tous le voir et l’écouter, c’est parce que Jésus leur inspire confiance par son comportement et ses paroles. Lorsqu’une personne se présente bien et tient des propos intelligents, nous sommes, tout comme Pierre, Jacques et Jean, naturellement portés à lui laisser la chance de leur dire quelque chose.

Les paroles de Jésus à ce moment ne nous sont pas révélées dans l’évangile de Luc. Cependant, la suite de l’histoire nous révèle deux choses : d’une part, Pierre et ses compagnons ne l’ont pas ramené au rivage en lui disant : « tu nous fais perdre notre temps ! » ou encore « tu racontes n’importe quoi ! ». D’autre part, ils acceptent de se remettre à pêcher comme Jésus le demande car il a gagné leur confiance par sa façon de se comporter et par l’intérêt que suscitent ses paroles. Une fois la confiance établie, Jésus leur révèle alors, au moyen d’une pêche miraculeuse, un deuxième appel : l’engagement à le suivre et à réaliser une grande mission.

 Pierre, Jacques et Jean sont alors prêts à aller plus loin que la confiance car ils ont aussi été témoins de la puissance qui habite Jésus et de son respect de leurs habiletés. Ils prennent alors conscience que si Jésus est capable de faire d’eux d’extraordinaires pêcheurs de poissions, il est aussi capable de faire d’eux des pêcheurs capables de trouver ces hommes et ces femmes qui ont besoin de rencontrer Jésus, d’entendre ses paroles et de laisser agir en eux sa puissance salvatrice. Jésus leur apporte alors le dernier argument pour qu’ils répondent sans hésitation : « Sois sans crainte » dira-t-il à Pierre et ses compagnons. Aujourd’hui, l’appel de Jésus est toujours d’actualité. Sa façon de faire n’a pas changé. Il nous demande de l’accueillir avec confiance, d’écouter avec ouverture ses paroles et de le laisser réaliser, sans crainte tout en utilisant nos habiletés, son grand projet d’Église.

 Charles Fournier, s.m.

COMME LE VENT DANS LES VOILES || FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR

La fête de la Sainte Rencontre. 
La fête de la lumière.
La Présentation de Jésus au Temple et la Purification de Marie.
La fête des crêpes rondes et dorées comme le soleil que l’on mange entre amis.

Sans oublier le jour de la marmotte qui fait rêver du printemps.

Voilà tant de titres pour cette fête, autant de raisons de fêter. 

J’aime quand les fêtes chrétiennes se marient avec le fil de la vie et le cycle de la nature. 
40 jours après la naissance de Jésus, 
40 jours après le solstice d’hiver, au cœur de la froidure, presque à mi-chemin vers l’équinoxe du printemps.
N’oublions pas aussi, nos 40 jours et plus de confinement. 
N’avons-nous pas le goût de fêter, ensemble ! Et quand la liturgie nous y invite, le rendez-vous est encore plus signifiant.

Et quel plaisir de renouer avec ces vieilles traditions! La Chandeleur, dans ma communauté chrétienne St-Matthieu, est une de ces traditions que nous avons retrouvée dans les années 90 et qui a depuis rassemblé de plus en plus de gens.  Même en temps de confinement, c’est sur Zoom que nous la fêterons encore cette année.  

Siméon et Anne, les deux héros de cette Sainte Rencontre, sont des gens comme vous et moi. Ils nous ressemblent tellement, ces deux “vieux”. Nous les fréquentons depuis près de 30 ans. De Chandeleur en Chandeleur, nous avons vieilli avec eux, et plusieurs d’entre nous ont touché la septantaine et l’octantaine. Anne et Siméon font partie de notre famille chrétienne.

Même s’ils n’ont pas d’enfant, ils sont pour moi l’image des grands-parents dont la plus belle mission est d’accueillir et de reconnaître la promesse de Dieu, la venue de Dieu à travers toute nouvelle naissance. Mission divinement signifiante, surtout en ces temps où plusieurs de nos petits enfants ne sons pas baptisés. 

Et le même récit, mine de rien, revisité au fil des années, continue de façonner notre regard de croyant. Fêter, c’est rassembleur: ça marque le temps qui passe; ça aide parfois à réinterpréter les rencontres signifiantes de nos vies.
Et rappelons-nous que les repas sont sacrés dans la Bible, tout comme les liens qui nous unissent autour d’une même table.  

Au menu de la Chandeleur, 
Des petites bougies,
Des crêpes, rondes et bien dorées, comme le soleil du “printemps”, ainsi le veut la tradition. 
Pourquoi des crêpes? 
Parce que dans les pays moins froids, d’où vient la tradition, le 2 février annonçait la saison des semences et plein de confiance en la nouvelle saison, on utilisait farine ancienne pour cuisiner des crêpes.

Aujourd’hui, dans notre prière, si nous rendions grâce à Dieu pour tous les petits-enfants qui nous sont donnés et qui, en ces temps difficiles de confinement, ont tant besoin de notre regard et de notre reconnaissance.  Pourquoi ne pas envoyer un message d’amour à ces enfants de nos vies.  Cette année, nous la fêterons joyeusement chacun chez soi, mais tous ensemble sur ZOOM.  Anne et Siméon seraient tellement étonnés! 

Françoise Lagacé, Conseil Pastoral de St Matthieu

Pour rejoindre la paroisse Saint Matthieu ce dimanche: https://us02web.zoom.us/j/84477313223

Fratelli Tutti - Chapitre I

Mme Nicole Fortier-Courcy est une associée des Franciscaines missionnaires de Marie à Gatineau. Elle a préparé une série de courtes réflexions qui permettent de survoler "Fratelli Tutti", l'encyclique du pape François sur la fraternité et l'amitié sociale. Aujourd'hui, elle nous présente le premier chapitre.


Les ombres d’un monde fermé

Quelle joie pour les associés et associées aux Franciscaines missionnaires de Marie que cette encyclique du pape François ! Je sais que je me répète, je ne peux y résister.

Mais avant de nous présenter son rêve que nous soyons tous frères en humanité, notre pape François ne peut que constater les manifestations du manque de fraternité dans le monde, ce qu’il appelle « les ombres d’un monde fermé ». C’est avec courage qu’il y consacre le 1er chapitre (nos 9 à 56) de cette lettre, celui que je veux aborder avec vous dans cette réflexion.

Quelles sont ces ombres ? Le pape nous expose « certaines tendances du monde actuel qui entravent la promotion de la fraternité universelle. » Elles sont, dit-il, « sans un projet pour tous » (no 15), « sans dignité humaine aux frontières » (nos 37 à 42).

Alors que Saint-François d’Assise favorisait le « Sans Frontières » pour « étreindre tous les hommes » (no 3), aujourd’hui le « s’ouvrir au monde » est accaparé par l’économie et la finance. Cette tendance à la mondialisation favorise l’identité des plus forts au détriment des plus faibles et des plus pauvres (no 12) ; tout le contraire de ce que voulait le saint.

On fait face à une marginalisation mondiale (nos 18-22). « Ce ne sont plus seulement la nourriture ou les biens superflus qui sont objet de déchet, mais souvent les êtres humains eux-mêmes » (no 19) dit le pape, citant entre autres les enfants de plus en plus affectés par la pauvreté (no 29) ; les personnes âgées abandonnées à leur solitude (no 19) ; des gens réduits au chômage, résultante de cette obsession de réduire les coûts du travail (no 20) ; les migrants, victimes de « trafiquants sans scrupules » (no 38), de groupes mafieux, de cartels de la drogue et des armes, exposés au racisme, à l’esclavage, même de nos jours. La traite des personnes est réapparue ; des êtres humains sont séquestrés en vue du trafic d’organes ; des femmes souffrent de situation d’exclusion, de maltraitance, de violence (no 23). « De nombreuses formes d’injustice persistent… dans le monde, alimentées par un modèle économique fondé sur le profit » (no 22), sans oublier l’injustice et l’absence d’une distribution équitable des ressources naturelles (no 29).

Le pape parle aussi de l’illusion de la communication (nos 42 à 50). Il remet en question les médias numériques avec leurs « risques de dépendance, d’isolement, de perte progressive de contact avec la réalité concrète » (no 43). Il dénonce les fausses informations, les fausses nouvelles, les réseaux de violence verbale sur Internet et à travers les différents forums (no 45). Il met en garde les chrétiens qui ne sont pas exempts de tout cela (nos 39 ; 46).

On pourrait être découragé après la lecture de ce premier chapitre, mais « Que l’ombre ne vous déconcerte ! » dit un hymne du carême. Le pape François ne nous laisse pas dans la désolation : il nous promet d’évoquer aux chapitres suivants nombre de chemins d’espoir. Le Pape se met à l’œuvre lui-même, malgré tous les risques possibles : il visite l’Irak du 5 au 8 mars 2021 avec comme devise de voyage « Vous êtes tous frères. » Il nous invite à marcher dans l’espérance.

Quelle est mon espérance ?

Que signifie pour moi « s’ouvrir au monde » ?

En observant avec attention mon milieu de vie, je demande à l’Esprit saint de m’éclairer. Est-ce que je reconnais ces vicissitudes que dénonce le Saint-Père ? J’en identifie une ou deux. Que ferait Jésus à ma place ? J’en discute avec les gens autour de moi. Seule ou avec eux, je choisis et j’entreprends une ou des actions concrètes pour les contrer.

L’expression « Église en sortie » prend-elle du sens pour moi ?