Mgr Ébacher - La responsabilité missionnaire

Dès le 9 mai 2025, lors de son homélie « Pro Ecclesia », Léon XIV interpelle ses frères cardinaux en vue de la mission : « Je sais que je peux compter sur chacun d'entre vous pour marcher à mes côtés, alors que nous continuons à être une Église, une communauté d'amis de Jésus, des croyants qui annoncent la Bonne Nouvelle, qui annoncent l'Évangile. »[1]

Lors de son premier discours pontifical, le 10 mai 2025, Léon XIV demande aux cardinaux une « pleine adhésion au chemin que l'Église universelle suit depuis des décennies dans le sillage du Concile Vatican II. » Et il souligne « le retour à la primauté du Christ dans l'annonce; la conversion missionnaire de toute la communauté chrétienne »[2].

Son homélie du 18 mai 2025 pour l’ouverture de son pontificat, traite essentiellement de la mission. « Avec la lumière et la force du Saint-Esprit, construisons une Église fondée sur l’amour de Dieu et signe d’unité, une Église missionnaire, qui ouvre les bras au monde, annonce la Parole, se laisse interpeller par l’histoire et devient un levain d’unité pour l’humanité. »[3]

Depuis, la responsabilité missionnaire de l’Église est devenue un thème central de son enseignement. Je n’en veux comme preuve que six grands textes sur le sujet : le discours du 22 mai 2025 à l’assemblée générale des Œuvres Pontificales missionnaires[4]; celui du 29 juillet 2025 aux influenceurs et missionnaires du numérique[5]; l’homélie du 5 octobre 2025 pour le jubilé du monde missionnaire et le jubilé des migrants[6]; le message du 18 octobre 2026 pour la 100e journée mondiale des missions[7] ; le discours du 21 février 2026 aux Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée et aux  Sœurs de Notre-Dame des Apôtres[8]; le discours du 1er juin 2026 aux participants à l’Assemblée Générale des Œuvres Pontificales Missionnaires[9].

Toute l’Église est missionnaire. La mission n’est pas réservée à quelques spécialistes, aux missionnaires ad gentes ou au clergé, mais elle est la responsabilité de chaque baptisé. La mission n'est pas une activité parmi d'autres. Elle fait partie de l'identité même du chrétien et de l'Église. « Aucun baptisé n’est étranger ni indifférent à la mission : tous, chacun selon sa vocation et sa condition de vie, participent à la grande œuvre que le Christ confie à son Église. »

« Au centre de la mission se trouve le mystère de l'union avec le Christ ». Cette idée revient constamment : la mission procède de la communion avec Jésus; l'évangélisation est le fruit de cette communion; la fécondité missionnaire est d'abord spirituelle avant d'être organisationnelle. Le missionnaire est d'abord un disciple. « Un dans le Christ, unis dans la mission. » Toute mission est guidée par l’Esprit Saint. Le cœur de la mission est l’amour de Dieu révélé dans le Christ, annoncé par le témoignage, la fraternité, le service et l’espérance.

La mission est universelle, ouverte à tous les peuples, à toutes les cultures et à toutes les périphéries humaines : les pauvres, les exclus, les périphéries existentielles; les peuples qui connaissent peu le Christ. Les nouveaux champs missionnaires incluent le monde numérique et les phénomènes migratoires, qui deviennent des lieux privilégiés de témoignage et de rencontre.

Léon XIV développe souvent la mission comme conséquence du baptême. Je relève en particulier deux méditations lors des audiences générales sur les disciples-missionnaires. D’abord celle du 18 mars 2026[10]. « Le peuple messianique (LG, 9) reçoit du Christ la participation à l’œuvre sacerdotale, prophétique et royale où s’accomplit sa mission salvifique. […]  Ce sacerdoce commun des fidèles est donné par le Baptême, qui nous rend capables d’adorer Dieu en esprit et en vérité et de “professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçue de Dieu” (LG, 11). De plus, par le sacrement de la Confirmation, tous les baptisés “sont liés plus parfaitement à l’Église, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et ainsi plus strictement obligés tout à la fois à répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ” (ibid.). Cette consécration est à la base de la mission commune qui unit les ministres ordonnés et les fidèles laïcs. » Chaque baptisé est un acteur de l’évangélisation.

J’ajoute la méditation du 1er avril 2026[11], qui traite de la mission propre des laïcs-missionnaires dans le monde. « Le vaste champ de l’apostolat des laïcs ne se limite pas à l’espace de l’Église, mais s’étend au monde. L’Église, en effet, est présente partout où ses enfants professent et témoignent de l’Évangile : sur les lieux de travail, dans la société civile et dans toutes les relations humaines, là où, par leurs choix, ils montrent la beauté de la vie chrétienne, qui anticipe ici et maintenant la justice et la paix qui seront pleines dans le Royaume de Dieu. »

Je termine en signalant  la première Grande Assemblée Missionnaire (GAM) des diocèses québécois. Elle eut lieu du 15 au 17 septembre 2026, sous le thème : « Il nous presse d'annoncer l'Évangile »[12]. Voir ici un retour sur ce temps fort de l’Église au Québec[13].

Et voici le témoignage d’un participant, M René Laprise, d.p. du diocèse de Gatineau : « Cette grande assemblée missionnaire aura permis aux leaders et responsables dans les diocèses du Québec, dans un esprit de coresponsabilité entre les divers ministères ordonnés et laïques, de réfléchir dans la prière et l'écoute des signes des temps pour poursuivre la mission. Le Christ nous précède dans cette mission au cœur de notre monde aimé et déjà sauvé par Dieu. Notre mission est alors de collaborer ensemble pour témoigner de cet amour pour notre humanité. »

† Roger Ébacher



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Mgr Ébacher XXXIIA - Marie Mère de l’Église, femme qui a « espéré contre toute espérance »

Quelques réflexions en ce mercredi des Cendres 2026 de Monseigneur Paul-André Durocher

Qu'est-ce qu'un comité de liturgie? Quelle est sa mission?