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Affichage des articles du février, 2026

Quelques réflexions en ce mercredi des Cendres 2026 de Monseigneur Paul-André Durocher

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    I — De la poussière à la gloire Avant la réforme liturgique du Concile Vatican II (1962-1965), l’imposition des cendres était accompagnée de cette formule invariable : «   Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière.   » Ces mots sont tirés de Genèse 3, 19 où Dieu explique à Adam et Ève la conséquence de leur faute. Dans la spiritualité préconciliaire, on insistait sur les conséquences néfastes de ce péché des origines. On exhortait les fidèles à faire pénitence et acte de réparation devant un Dieu qu’on imaginait d’abord comme un juge sévère. Le document du Concile sur la liturgie en 1963 a rappelé que toute la vie de l’Église doit être centrée sur le mystère pascal — non seulement la mort, mais aussi la résurrection du Christ. C’est pourquoi on a proposé une deuxième formule optionnelle pour l’imposition des cendres : «   Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.   » (Marc 1, 15). Cette formule met l...

Mgr Ébacher V - Qu’est la doctrine sociale de l’Église ?

Le pape Jean-Paul II en a donné la formulation suivante : «  En commençant par l'apport remarquable de Léon XIII, enrichi par les contributions successives du Magistère, s'est constitué un corps de doctrine actualisé qui s'articule à mesure que l'Église interprète les événements dans leur déroulement au cours de l'histoire à la lumière de l'ensemble de la Parole révélée par le Christ Jésus et avec l'assistance de l'Esprit Saint (cf  Jn  14, 16.26; 16, 13-15). » [1] La doctrine sociale est l’ensemble cohérent de principes moraux et de critères d’action que l’Église propose pour orienter la vie sociale, économique, politique et culturelle à la lumière de l’Évangile. Elle cherche à former les consciences, sans vouloir organiser la société à la place des acteurs politiques ou économiques. Les principes clés de la doctrine sociale de l’Église sont : 1.       La dignité de la personne humaine. Cette dignité est inaliénable e...

Mgr Ébacher IV - Léon XIII, fondateur de la doctrine sociale de l’Église

 La sollicitude sociale de l’Église n'a certes pas commencé avec Léon XIII (voir texte no III). Néanmoins, venant se greffer sur une tradition pluriséculaire, son encyclique intitulée Rerum Novarum [1] , publiée en 1891, marque un développement substantiel de l'enseignement de l’Église dans le domaine social et ouvre un nouveau chemin dans lequel l’Église marche encore aujourd’hui. Au XIXe siècle, la révolution industrielle transformait radicalement les sociétés occidentales. La situation était tellement nouvelle que Léon XIII a senti en conscience qu’il fallait donner une réponse nouvelle aux « choses nouvelles » de son temps. Il ne suffisait plus de se limiter à des sujets doctrinaux, à des analyses théoriques. Le pape a compris qu’il fallait affronter explicitement les drames familiaux, sociaux, économiques du temps avec une approche inédite, une nouvelle méthode, un dialogue franc avec la modernité. Aussi, voulant traiter de la condition des ouvriers de son temps,...

Mgr Ébacher III - La longue histoire de la sollicitude sociale en Église

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Au XIXe siècle, le pape Léon XIII a provoqué, par sa substantielle lettre intitulée Rerum novarum , une attention plus intense et des développements doctrinaux importants au sujet du domaine social, en particulier celui de la famille et du travail. Mais la sollicitude sociale des chrétiens n'a pas débuté avec ce document. L'Église, depuis ses origines, ne s'est jamais désintéressée de la famille, de la société avec ses diverses composantes économiques, politiques, musicales, artistiques, philosophiques, théologiques, etc. C’est là un fruit de Jésus, de sa vie et de ses enseignements. Jésus naît parmi les petits et les pauvres. Durant plusieurs années, il doit gagner sa vie et celle de sa mère par un travail sans doute souvent difficile, peut-être parfois mal payé, et sujet au chômage. Il passe la grande partie de sa vie en Galilée, région marquée de fortes inégalités sociales, des tensions culturelles et politiques. Les Évangiles nous le montrent portant une très grande...

Mgr Ébacher II - La devise du pape Léon XIV

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  « Je suis un fils de saint Augustin, un augustinien » a expliqué le pape Léon XIV dans sa première allocution, à la loggia de la basilique Saint-Pierre, le 8 mai 2025 [1] . Qu’a-t-il voulu nous dire par ces mots qui le situent comme disciple de saint Augustin, auteur d’une règle religieuse sous laquelle Robert Francis Prevost a vécu pendant de nombreuses années? En 2015, le Père Prevost a été nommé par le pape François évêque de Chiclayo, au Pérou. Pour un nouvel évêque, bien choisir sa devise épiscopale est à la fois une joie et un défi. Il doit y exprimer le cœur de sa mission spirituelle et pastorale, en somme de son programme de vie et de service. Sa devise est un engagement public, l’expression de la ligne directrice et de la tonalité spirituelle qu’il veut insuffler à son épiscopat. Mgr Prevost a alors choisi comme devise épiscopale : «  In Illo uno unum  », ce qui signifie : « En Celui qui est un, soyons un ». Tirée d’un sermon d...