Mgr Ébacher XXIX - Magnifica Humanitas - Un itinéraire de vie chrétienne sobre et exigeant pour vivre ce changement d’époque à la lumière de l’Évangile
La conclusion de l’encyclique (229-245) est une inspirée et
inspirante catéchèse que je cite textuellement et au complet, sans donner
toutefois les références aux textes cités par le pape, sauf les références
bibliques que je laisse dans le texte. Pour connaître ces références, allez
voir directement dans le document originel dont vous avez la référence en note 1.
Ce texte mérite d’être lu lentement, d’être médité paragraphe
par paragraphe. Il ne faut pas hésiter à revenir sur des affirmations senties
comme particulièrement inspirantes.
† Roger Ébacher
229. « Que chacun prenne garde à la manière dont il
bâtit » (1 Co 3, 10) : ce sont là les paroles de saint
Paul exhortant les chrétiens de Corinthe à préserver l’unité. Chers frères et
sœurs, nous nous sommes interrogés sur le monde que nous construisons, en nous
demandant ce que signifie préserver la personne humaine à l’ère de
l’intelligence artificielle. Au terme de ce parcours, je souhaite vous proposer
un itinéraire de vie chrétienne sobre et exigeant pour vivre ce changement
d’époque à la lumière de l’Évangile. C’est un chemin qui naît de la
contemplation du dessein de Dieu, vit l’unité ecclésiale en se nourrissant de
la Parole et de l’Eucharistie, construit le monde dans le sens du bien et prie
avec la Vierge Marie.
230. Dans un monde où se multiplient les manœuvres visant à
conquérir des marchés et des sphères d’influence, souvent revêtues de
rhétoriques rassurantes et de constructions idéologiques séduisantes, notre
cœur ressent le besoin de découvrir un dessein différent, sage et bienveillant,
semblable à celui que Marie contemple dans le Magnificat,
lorsqu’elle proclame que, de génération en génération, la miséricorde de Dieu
s’étend sur ceux qui le craignent. Ce dessein de miséricorde traverse
l’histoire encore aujourd’hui, au cœur des changements les plus rapides et les
plus troublants marqués par les algorithmes et les réseaux mondiaux, et devient
la boussole d’une existence évangélique à l’ère numérique.
231. Au cœur se trouve le mystère de l’Incarnation : le
Verbe s’est fait chair et Il a planté sa tente parmi nous. La chair du Fils,
pauvre et vulnérable, rappelle celle de tant de frères et sœurs dépouillés de
leur dignité et réduits au silence. Par cette proximité, le don de la paix
entre dans le monde de manière paradoxale : comme un pouvoir de devenir
enfants de Dieu, un pouvoir qui se réveille lorsque nous nous laissons toucher
par les pleurs des petits, par la fragilité des personnes âgées, par le silence
des victimes, par la fatigue de ceux qui luttent contre le mal qu’ils ne
voudraient pas commettre. Dans cette chair blessée et aimée, le Père nous
montre la véritable humanité d’une vie qui trouve son accomplissement dans
l’ouverture et la communion, jusqu’à nous faire désirer la réalisation de sa
volonté sur la terre comme au ciel.
232. Dans les promesses du transhumanisme et de certains
courants posthumanistes, qui poursuivent une humanité améliorée et presque
désincarnée, nous reconnaissons un désir qui nous concerne : le besoin
d’une vie plus accomplie, moins exposée aux limites et à la fragilité.
L’Incarnation ouvre cependant une voie différente. Alors que les idéologies
anciennes et nouvelles poussent l’homme au dépassement technique de la limite
et à s’élever au-dessus des autres pour affirmer une domination, le mystère du
Fils de Dieu qui entre dans notre condition décrit un mouvement opposé :
le Dieu vivant descend dans notre histoire pour nous libérer de toute
servitude, Il prend sur Lui notre faiblesse et la transforme en lieu de
salut. Il n’y a pas un moment ou une condition de l’humain qui ne soit digne de
Dieu : « Selon les enseignements de notre foi, nous adorons en nos
mystères un Dieu naissant en la crèche, un Dieu vivant et voyageant en la
Judée, un Dieu mourant en la croix, un Dieu mort dans le sépulcre ». L’avenir
de l’humanité trouve ainsi son critère dans la capacité d’accueillir cette
manière divine de se faire proche, de partager le poids du monde, de
transformer les relations de l’intérieur. « Ô merveille […] que l’homme
soit Dieu et ce Dieu-homme passe par tous ces degrés, supporte tous ces états
et les ennoblisse, les sanctifie, les déifie en soi-même! ». Ce qui
sauve l’homme, c’est l’amour divin qui descend jusqu’au point le plus fragile
de son histoire et la régénère du plus profond.
233. C’est pourquoi, en tant que croyant parmi les croyants,
j’invite à contempler dans le visage du Fils une magnifique humanité qui
éclaire également l’ère de l’IA. Dans le Christ nous comprenons que l’homme est
appelé à être un collaborateur dans l’œuvre de la création, plutôt qu’un
spectateur résigné face à des processus technologiques limitant sa liberté et
sa responsabilité. La dignité que l’Esprit Saint sculpte en chacun de nous
se reconnaît aussi dans la capacité de réfléchir de manière critique, de
choisir et d’aimer gratuitement, d’entrer dans des relations authentiques.
Aucun système de calcul, aussi sophistiqué soit-il, ne génère un cœur qui se
donne, ni une conscience qui discerne le bien. Même lorsque les machines
excellent en efficacité, le centre de l’histoire reste un visage humain qui
demande à être regardé. Ce visage humain est la plénitude vers laquelle l’histoire
avance. C’est le mystère de la récapitulation, la certitude que le Père a
décidé de ramener au Christ, Chef unique, toutes choses, celles du ciel et
celles de la terre (cf. Ep 1, 10). Dans ce dessein, rien de ce
qui est authentiquement humain ne sera perdu, mais tout sera purifié et réuni
en Celui qui rassemble chaque fragment de vie, chaque larme et chaque
authentique conquête humaine pour les soustraire au néant et les remettre,
rachetées, au Père.
234. La spiritualité dont nous avons besoin est une
spiritualité eucharistique, c’est-à-dire une spiritualité de l’unité ecclésiale
dans l’amour. L’Incarnation et Pâques révèlent Dieu qui entre dans notre
condition humaine et la transfigure par le don de soi. Ce don reste présent et
agissant dans l’Eucharistie où le Seigneur se communique et rassemble l’Église,
afin que son offrande devienne principe d’unité et source de vie nouvelle. De
cette communion naît aussi la solidarité chrétienne, car « l’union avec le
Christ est en même temps union avec tous ceux auxquels il se donne ». Comme
l’explique saint Augustin aux nouveaux chrétiens de son Église, le pain et le
vin sur l’autel sont le sacrement de l’unité des fidèles dans le Christ :
« Ce que nous voyons est une apparence corporelle, tandis que ce que nous
comprenons est un fruit spirituel. Si vous voulez comprendre ce qu’est le corps
du Christ, écoutez l’Apôtre, qui dit aux fidèles : Vous êtes le corps
du Christ, et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps (1 Co 12, 17). Donc, si c’est vous qui
êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre mystère qui se trouve sur
la table du Seigneur, et c’est votre mystère que vous recevez. À cela, que vous
êtes, vous répondez : “Amen”, et par cette réponse, vous y souscrivez. On
vous dit : “Le corps du Christ”, et vous répondez “Amen”. Soyez donc
membres du corps du Christ, pour que cet Amen soit véridique ».
235. L’« Amen » que nous prononçons dans la
liturgie, le Corps que nous mangeons et le Sang que nous buvons, façonnent
toute notre vie. L’Eucharistie « est la rencontre très personnelle avec le
Seigneur et, toutefois, elle n’est jamais seulement un acte individuel de
dévotion ». En elle, il apparaît clairement que nous « sommes
l’Église du Christ, nous sommes ses membres, son corps. Nous sommes frères et
sœurs en Lui. Et dans le Christ, bien que nous soyons nombreux et différents,
nous sommes une seule chose : “ In Illo uno unum” ». L’Eucharistie
nous ouvre à la justice et au partage, avec une attention préférentielle pour
ceux qui portent le fardeau de la pauvreté et de la marginalisation. Et tandis
que les nouveaux réseaux économiques et technologiques peuvent engendrer exclusion,
isolement et dépendances, l’Église nourrie de l’Eucharistie est appelée à
rendre visible une autre mesure, en préservant les liens, en redonnant la
parole aux personnes invisibles et en orientant les processus vers la dignité
des personnes.
236. La spiritualité que je souhaite transmettre est celle
du « sage architecte » qui, habité par l’espérance du Règne de Dieu,
s’emploie à bâtir le monde pour le bien (cf. 1 Co 3, 10).
Comme je l’ai écrit au début de cette réflexion, notre travail de
construction doit aujourd’hui avoir pour fondement la relation avec Dieu, pour
règle l’acceptation de la limite humaine telle une réalité naturelle et
positive, et pour style la coresponsabilité et le langage évangélique. Au terme
de ce parcours, le projet d’une civilisation de l’amour se dessine plus
clairement; et le chantier paraît déjà engagé, surtout grâce à tant de pierres
vivantes solidement unies au Christ, la pierre angulaire (cf. 1 P 2,
4-6). Dans cette œuvre, nous sommes appelés à assumer un rôle actif, sans nous
réfugier dans le spiritualisme ou dans nos petits mondes : nous devons
être fidèles à la vérité, investir dans l’éducation, prendre soin des
relations, aimer la justice et la paix.
237. Restons fidèles à la vérité! En vivant inondés par un
flux incessant d’informations, d’opinions et d’images, nous savons combien il
est facile d’orienter les décisions et les préférences à l’aide d’algorithmes
toujours plus sophistiqués. Dans ce contexte, il est important de garder
un cœur qui aime la vérité et désire ce qui est juste plutôt que les contenus
les plus attrayants, un cœur qui recherche la sagesse plutôt que les effets
immédiats. La vérité que nous ne devons pas perdre de vue est celle qui
concerne Dieu et l’être humain, telle que le Christ nous l’a révélée. Il
convient d’abandonner une vision individualiste et technique de l’homme, comme
si la réalité n’était que de la matière à modeler en fonction d’intérêts
égoïstes, tant individuels que collectifs. Cultivons plutôt ce que le Pape
François a défini comme un « anthropocentrisme situé », qui
reconnaît l’être humain comme une créature insérée dans un réseau de relations
avec les autres êtres vivants et avec la création tout entière. La fidélité à
la vérité exige d’intégrer les possibilités offertes par la technologie dans un
cheminement de sagesse, capable de préserver à la fois la dignité de toute
personne et l’avenir de notre Maison commune.
238. Investissons dans l’éducation, qui commence par
nous-mêmes! Nous avons tous besoin de nous former à vivre le numérique de
manière humaine, comme partie intégrante de l’éducation à la foi et à bien
vivre de l’Évangile. Nous devons nous former à considérer le monde numérique
comme un nouveau continent à évangéliser, qui a besoin de missionnaires
généreux et mûrs dans la foi. Plus particulièrement, il faut des adultes qui
redécouvrent leur vocation d’artisans de l’éducation, disponibles pour un
travail quotidien et patient, soutenu par des alliances éducatives larges et
partagées. Accompagner les enfants et les jeunes à utiliser les technologies
comme un espace de relation responsable, en les aidant à en reconnaître les
risques et à choisir ce qui fait grandir la liberté intérieure, est aujourd’hui
une forme concrète de charité et de sauvegarde de leur dignité. Éduquer les
nouvelles générations à croire que l’évolution des technologies ne suit pas un
parcours inévitable, mais peut être orientée par la responsabilité personnelle
et collective, constitue l’un des services les plus précieux au bien commun.
239. Prenons soin de nos relations! À une époque qui tend à
tout accélérer et à tout fragmenter, la chair humaine continue de demander à
être soignée et reconnue par des mains capables de tendresse, par des esprits
attentifs et par de bonnes paroles. La culture numérique multiplie les connexions
et offre de nouvelles possibilités de rencontre; pourtant, le cœur humain
conserve un besoin irremplaçable de proximité. J’invite à préserver les lieux
et les moments où la présence physique reste déterminante : la table
partagée, la communauté chrétienne qui se rassemble, la visite à ceux qui sont
seuls, le service aux pauvres. Ce sont là les signes d’une humanité qui
continue de croire que chaque corps est temple de l’Esprit et demeure de Dieu,
et c’est précisément cette alliance entre gloire et fragilité qui devient un
critère pour évaluer les modèles anthropologiques proposés par la culture
actuelle.
240. Aimons la justice et la paix! Les mêmes technologies
qui facilitent la communication et l’accès aux ressources peuvent soutenir des
modèles qui exploitent les plus vulnérables, alimentent de nouvelles formes
d’esclavage et transforment les conflits en opportunités de profit. Chaque choix
technologique ou économique devient un lieu de discernement spirituel, une
occasion de vérifier si les progrès de l’IA ouvrent des espaces de justice et
de participation ou bien concentrent la richesse et le pouvoir entre les mains d’un
petit nombre. J’invite à observer avec lucidité les filières de la production
numérique, les conditions de travail cachées derrière nos dispositifs, les
mécanismes qui tirent profit de la manipulation et de la guerre; et, en même
temps, à chercher des voies concrètes pour faire grandir l’équité, la
participation et le soin de la création. L’espérance que nous annonçons vient
du ciel « pour engendrer, ici-bas, une histoire nouvelle ». C’est
précisément pour cela que celui qui croit s’engage pour qu’à la place des
inégalités s’installe une plus grande justice et pour que « l’industrie de
la guerre cède la place à l’artisanat de la paix ».
241. En regardant vers l’avenir, je souhaite rappeler
l’image de Néhémie que nous avons choisi au début de ce parcours comme
compagnon et figure de référence. Néhémie entend le cri d’une ville meurtrie,
porte cette douleur dans la prière, discerne devant Dieu, demande de l’aide,
obtient la permission de partir, organise le travail, affronte les résistances
internes et externes et, pierre après pierre, reconstruit avec le peuple les
murs de Jérusalem. Je vois en lui une parabole lumineuse de notre vocation à
être, à l’ère de la transformation numérique, non pas des spectateurs résignés
face aux fractures sociales et culturelles, ni de simples commentateurs des
ruines, mais des femmes et des hommes qui entrent sur les chantiers de
l’histoire – laboratoires de recherche, entreprises technologiques, écoles,
médias, institutions, communautés locales – pour relever ce qui s’est écroulé
et protéger ce qui est exposé. Comme Néhémie, nous sommes, nous aussi, appelés
à allier écoute et courage, prière et responsabilité, afin que la cité des
hommes devienne plus vivable, même lorsque les logiques technocratiques et les
intérêts partisans semblent prévaloir.
242. L’image de la reconstruction de Jérusalem évoque la
promesse du Nouveau Testament, celle de la ville sainte qui nous est d’abord
donnée comme un don. Dans l’Apocalypse, la nouvelle Jérusalem descend vers nous
comme un don pour tout le peuple de Dieu, « prête comme une épouse parée
pour son époux » (Ap 21, 2). Les murs de Jérusalem ne sont
plus des fortifications défensives, mais les parures précieuses de l’Épouse de
l’Agneau. Ses portes, que Néhémie gardait avec tant de soin, restent ouvertes
en permanence à toutes les nations. La présence de Dieu offre à chacun lumière
et vie. La ville est un nouvel Éden, avec son eau vive donnée à ceux qui ont
soif et son arbre de vie, dont les feuilles « servent à guérir les nations »
(Ap 22, 2). Dans l’attente de son accomplissement, cette vision se
présente à nous comme une exhortation, un appel à surmonter nos divisions et à
travailler ensemble : telle est le chemin de Jésus-Christ, hier,
aujourd’hui et toujours.
Le
chant de l’espérance : le Magnificat
243. Le quatrième point de ce programme de vie chrétienne,
après la foi qui contemple le dessein d’amour du Père, la charité qui nous unit
en un unique corps ecclésial et l’espérance qui soutient notre action dans le
monde, est la prière. Le chant de Marie accompagne notre engagement. Devant
Élisabeth qui lui annonce qu’elle est devenue la mère du Seigneur, Marie laisse
éclater un hymne de louange et de joie. Son âme magnifie le Seigneur et son
esprit exulte en Dieu son Sauveur, car Il a choisi pour son dessein de salut
une jeune fille, pauvre et humble. Soudain, Marie voit toute l’histoire à
travers le prisme de cette découverte. Rien n’a changé autour d’elle : la
situation socio-politique de son époque reste la même, avec les Romains qui
dominent sa terre et son peuple divisé et humilié. Et pourtant, tout a changé
en elle, ce qui lui permet de voir l’invisible. Dieu a déjà déployé
la puissance de son bras, il a déjà dispersé les superbes,
renversé les puissants, élevé les humbles, comblé de biens ceux qui ont faim et
renvoyé les riches les mains vides. Il a déjà secouru Israël,
son serviteur. Dieu « se range du côté des derniers. Il possède un projet
qui est souvent caché sous l’apparence terne des événements humains, qui voient
triompher “les superbes, les puissants et les riches”. Et pourtant, sa force
secrète est destinée à se révéler à la fin ».
244. La Vierge Marie non seulement nous apprend à voir
l’œuvre invisible de Dieu, mais elle dirige aussi notre regard « sur les
points de fracture de l’humanité, là où se produit la distorsion du monde, dans
le contraste entre les humbles et les puissants, entre les pauvres et les
riches, entre les repus et les affamés », en nous apprenant « à
adopter un point de vue différent pour regarder le monde à partir du bas, avec
les yeux de ceux qui souffrent, et non avec le regard des grands; pour regarder
l’histoire avec les yeux des petits et non avec la perspective des puissants;
pour interpréter les événements de l’histoire du point de vue de la veuve, de
l’orphelin, de l’étranger, de l’enfant blessé, de l’exilé, du fugitif ».
Ainsi, la Vierge devient « poétesse et prophétesse de la
rédemption », car de ses lèvres jaillit « l’hymne le plus puissant et
le plus novateur qui ait jamais été prononcé, le Magnificat; c’est
elle qui révèle le dessein transformateur de l’économie chrétienne, le résultat
historique et social qui tire encore aujourd’hui du christianisme son origine
et sa force ».
245. Avec la même foi que Marie, devenons des tisseurs
d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous
avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son
Royaume prenne forme. Dans l’humble fidélité de chaque jour, l’ère de l’IA peut
elle aussi devenir un passage par lequel l’Esprit fait mûrir la civilisation de
l’amour dans notre vie. Le Seigneur continue de faire toutes choses nouvelles
et maintient ouverte, pour chaque époque, la possibilité de devenir une
histoire de salut à la lumière de l’Incarnation. Je confie ce désir à la Mère
du Christ, la femme du Magnificat, pour qu’elle accompagne nos pas
dans ce présent en mutation et garde en chacun de nous la confiance en
l’Évangile, afin que nous puissions témoigner de la beauté d’une magnifique
humanité habitée par Dieu.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 15 mai de
l’année 2026, la deuxième de mon Pontificat.
LÉON PP. XIV
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