mercredi 14 février 2018

Comment envisager le carême?


Bien chers amis et amies,

Par lequel commencer... Bon carême ou bonne St Valentin?

Je te souhaite les deux et tu choisiras dans l'ordre ce que tu préfères  ... chacun exprimant l'amour qui enveloppe nos vies. Même si la St Valentin ne correspond à aucune fête religieuse, elle fait partie de notre paysage culturel. Comme le carême, elle peut nous amener à Pâques.

Vous l'avez sans doute remarqué... Durant le carême, tout se passe comme si on était appelé d’une manière spéciale à multiplier les exercices de piété, à intensifier la prière et à devenir plus charitable. L’évangile d’aujourd’hui nous met cependant en garde : le carême est tout sauf un spectacle... pour obtenir la gloire humaine. Il n’est pas d’abord un temps d’exercices pieux à faire d’un air contrit. C’est le temps de Dieu, le temps de la vie véritable, de sa présence en nous ; le temps de l’amour ; le temps du renouvellement et de l’approfondissement de notre relation à Dieu, aux autres, à nous-mêmes. On a quarante jours pour s’en souvenir et s’en convaincre à nouveau ! Et au bout, il y a Pâques.


C’est un temps qui nous prépare au temps fort de Pâques. C’est important les moments forts dans nos vies ; ils nous retournent, nous convoquent à la vie. Par exemple, la naissance d’un bébé, ça se passe dans bien des cas en quelques heures. Pourtant il faut plusieurs mois de préparation et d’attente. Ça prend moins d’une minute pour que les amoureux échangent leurs consentements. Pourtant, il faut des mois, voire des années pour se préparer. Ainsi la traversée de la mer rouge s’est faite en une nuit. Mais il y a eu un long temps de préparation et quarante ans de désert après. Il a fallu trois ans pour la vie publique de Jésus, mais avant il y a eu trente ans dans le quotidien de Nazareth. Le passage de la nuit du tombeau à la clarté du matin de Pâques s’est fait en quelques jours. Il y a eu pourtant trois ans d’intense activité de la part de Jésus.

Notre vie chrétienne, c’est aussi cela : un moment fort (un jour, une nuit), et ça irrigue toute une vie souvent banale et quotidienne de quarante jours ou quarante ans ou plus. Le temps du carême est de cette saveur-là : la saveur du quotidien et du banal. Il est orienté vers le temps fort de Pâques. 

Carême nous rappelle l’unique commandement, celui de l’amour de Dieu, du prochain et de soi. Il n’est donc pas d’abord un programme d’exception. L’aumône, cela concerne ma relation quotidienne à l’autre, au prochain. La prière, il en va de ma relation à Dieu. Le jeûne, c’est ma relation avec moi-même. Et tout cela est une affaire de tous les jours. Chaque jour pour vivre comme des justes, c’est-à-dire nous laisser ajuster par le Seigneur. Avec un tel programme, comment carême peut-il être un temps de tristesse? C’est un temps pour savourer pleinement la Vie qui se déploiera à Pâques.

Joyeux carême et bonne St-valentin. Je vous aime.

Paix et tout bien

Rodhain Kasuba, prêtre

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