vendredi 7 décembre 2012

Le temps de l'Avent


  
Nous avons besoin de pauses, de rêves, de poésie, de rites, dans nos agendas surchargés. C'est ce que donne le doux temps de l'Avent, qui, pour les catholiques, marque le début d'une nouvelle année du cycle liturgique qui culmine à Pâques. Ce cycle n'enferme pas les croyants sur eux-mêmes, mais les entraîne comme une spirale dans la rencontre et le retour de leur Seigneur Jésus Christ. C’est le temps liturgique que je préfère. Ma prière, faite de désir, d’attente et d’espérance, trouve chaussures à ses pieds. En faisant mémoire de l'antique Parole, mon silence se trouve épousé et l'espérance se transmet à même la mémoire de mes pères et mères dans la foi : « Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur » (Jr 33, 14).

Trois grandes figures bibliques traversent l'Avent comme des météores de la Parole : Isaïe, Marie et Jean Baptiste. Les trois ont répondu « oui » à l’appel du Seigneur en vue d’une mission particulière. Trois vocations, trois réponses décisives à la Parole qui crée du sens encore aujourd'hui dans notre monde de plus en plus consumériste et individualiste, pollué et injuste.   

Temps de désir et d'attente


« Voici le temps du long désir où l’homme apprend son indigence » (hymne de l'Avent). Ce temps d’attente du Sauveur questionne la soif qui nous tourmente, le désir qui nous habite. La réponse se trouve au fond du cœur, ce fond secret, qui est « le fond de Dieu », disait Maître Eckhart. C’est là, dans l’indigence de notre crèche intérieure, que le Dieu fait homme se révèle pour nous partager son désir d’aimer, sa soif de nous rencontrer dans ce temps que l'on ne peut pas contrôler, mais accueillir. Les chrétiens ne sont pas à la recherche du temps perdu, mais du Dieu venu dans le temps. L'Avent les invite à passer du besoin illusoire au désir qui fait vivre. 
L'attente est au coeur de l'Avent. Attendre le Seigneur qui vient sans cesse, qui naît chaque matin. Attendre, seul et avec d'autres, ce qu'il veut faire en moi, en eux. Le laisser faire, le laisser travailler en soi, au coeur de l'être, comme une femme attend un enfant. Alors, au lieu de gravir l'échelle sociale d'une manière compulsive, descendre dans son coeur; au lieu de performer à tout prix, revoir ses priorités; au lieu de vouloir être le meilleur, accepter la défaite; au lieu de se prendre pour un autre, reconnaître sa blessure. Quand arrivera Noël, nous pourrons retrouver notre coeur d'enfant et nous serons plus proches de l'Enfant démuni et vulnérable.
  
Jacques Gauthier
www.jacquesgauthier.com

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