J’aime bien ce thème offert par la
revue Vie liturgique pour le 4e dimanche du Carême : Face à la
croix, face à l’amour. Nous oublions parfois que la croix et l’amour sont
intimement liés dans l’histoire du salut de l’humanité. Le salut nous a été
donné parce que Jésus a librement accepté de passer par la croix. Et pourquoi
il a accepté? Il aimait Dieu d’un amour plus grand que tout.
Il y a des personnes qui disent
qu’il est vain de se pencher sur la croix puisque nous sommes sauvés. Pourquoi
parler de la souffrance quand le Christ est ressuscité? Il y en a d’autres qui
se complaisent à rester dans le dolorisme, ne voyant notre passage sur
terre, que comme un long purgatoire avant la vie éternelle. Pourtant, notre foi
se nourrit de la croix et de la résurrection. C’est bien simple, pour que le
Christ ressuscite, il a fallu qu’il accepte de passer par un chemin de
souffrance. Et si nous voulons effacer cette souffrance, nous enlevons toute la
puissance d’amour que sa résurrection a fait jaillir dans notre monde.
Nous avons tous vécu des épreuves
dans notre vie qui nous ont fait grandir, qui nous ont révélé une force
intérieure que nous n’aurions jamais devinée. Nous changeons à travers les
peines et les joies au fil de notre vie. Nous pouvons reconnaître que grâce à ce
chemin, que nous n’avons pas choisi, une vie nouvelle s’est ouverte devant
nous. Cette reconnaissance du chemin avec tout ce qui s’y est vécu nous permet
de grandir comme être humain et comme fils et filles de Dieu.
S’il en est ainsi de notre histoire,
comment pourrait-il en être autrement de cette grande histoire de Dieu avec son
peuple? La croix et l’amour ne peuvent s’envisager l’une sans l’autre. Ce
serait nier l’amour profond qui unit le Père et le Fils. Ce serait nier que
pour répondre à l’amour de son Père, Jésus s’est offert consciemment et amoureusement
dans un abîme de souffrance pour que nous ayons la vie, la vie en Dieu.
Dans l’ombre de nos propres croix,
Dieu est là pour nous rappeler que nous sommes aimés d’un amour sans bornes. Il
est là pour nous relever quand l’ombre s’éclaircit, il est la lumière qui
transforme radicalement la vie de ses enfants.
Ne
perdons pas de vue la croix. Grâce à elle, le soleil du ressuscité illumine notre
vie.
Suzie
Arsenault